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Un cours particulier

-         A cette heure-ci ? La nuit est presque tombée, pour quelle raison me fait t-il l’honneur de venir si tard ? Demanda Edelweiss.

Tout en sachant pertinemment qu’une simple servante ne pouvait en avoir la réponse.

-         Fais le patienter le temps que je me change. Je ne peux pas me présenter dans cette tenue…

-         C’est impossible mademoiselle Edelweiss ! Cela fait plus d’une heure qu’il patiente dans votre salon. Je lui ai pourtant dit que vous risquiez de revenir tard mais il a dit qu’il avait tout son temps…

-         Oh ! Mais je vois que toi aussi tu as fais des progrès en ibrisme à ce que j’entends ! S’enchanta la jeune fille.

-         Mademoiselle ! Supplia Victorine. Vous devez y aller maintenant de toute façon il a dû forcément vous voir arriver de la fenêtre du salon.

La fenêtre du salon…Comme elle se sentait nerveuse à chaque fois qu’elle l’observait près de cette fenêtre. Il était à la fois attentives à la conversation et au moindre mouvement à l’extérieur. Elle trouvait alors qu’il avait le même regard qu’un rapace près à se fondre sur sa proie.

Elle pénétra dans le salon et salua l’empereur avec toute la lenteur et la dignité que lui avait apprise le maître Pushishan.

-         Je m’excuse de vous avoir fait attendre…

Edelweiss jubila intérieurement d’entendre que son accent désagréable s’estompait face à l’empereur.

-         Ce n’est pas grave, dit l’empereur d’un air enjoué. Tu étais en cours, c’est tout à fait excusable.

-         Vous devez mourir de faim, je vais dire à Victorine de…

-         Non, non laisse. Je reviens de chez ma sœur qui n’a cessé de me gaver de ses pâtisseries ! Lui dit-il en plaisantant.

-         Vous étiez donc chez votre sœur.

-         Ma demi-sœur en faîte... Lui dit-il vaguement comme s’il n’avait pas envie d’en parler davantage. Dis-moi ? Et toi qu’as-tu appris aujourd’hui ?

-         Aujourd’hui…

Elle prit le temps de réfléchir à sa réponse. Elle n’allait tout de même pas lui dire quelle avait passé la journée debout à remplir des pots à encre…Mais elle ne voulait pas non plus lui mentir.

-         J’ai aidé maître Pushishan à préparer le matériel de calligraphie. Avoua t-elle avec honte.

-         Dis plutôt que tu as été distraite pendant l’heure et qu’il t’a dispensé d’écrire, lança Hédopian avec gentillesse.

-         Euh…oui ! Comment le savez-vous ?

-         Les professeurs de Lettres sont tous les mêmes. Ils donnent tous les mêmes punitions ! Ajouta l’empereur ce qui sous-entendait qu’il avait peut-être lui aussi été frappé par les mêmes sanctions dans son enfance. Si tu veux, je peux te faire rattraper ton retard ? proposa t-il.

-         Vous feriez ça pour moi ? Non ce n’est pas la peine, ma lenteur va vous agacer...

L’empereur n’écouta pas s’excuse et en deux claquements de main, il ordonna qu’on lui apporte un matériel de calligraphie et en moins de temps qu’il ne faille à Edelweiss pour dire quoi que ce soit, Elle se retrouva avec un pinceau dans la main, à genou devant  une grande feuille blanche.

-         Je ne suis pas un artiste de la calligraphie comme votre vénérable maître Pushishan mais comme tout le monde je connais parfaitement les mille trois cent idéogrammes de bases nécessaires à la compréhension de l’écriture. Tu devras faire preuve de patience et d’effort pour tous les retenir à la perfection.

Pendant qu’il parlait, l’empereur s’était installé lui aussi devant une autre feuille blanche. Sa main droite trempa la pointe de son pinceau dans une encre violette et se mit à tracer un signe de bas en haut, tandis que sa main gauche retenait la longue manche de son bras droit.

- Regarde bien mon geste. Mon poignet est souple, mon pinceau est à la verticale de ma feuille. Bien évidemment je n’ai aucun bracelet susceptible de me gêner. Maintenant que tu as vu c’est à ton tour.

Edelweiss tenta de reproduire le même signe mais le premier essai ne fut pas concluant, il était même très mauvais. Sans se décourager, elle prit une autre feuille et réessaya à nouveau. Le troisième essai fut meilleur encore.

- Très bien. Maintenant tu sais écrire le mot «mère », lui dit-il.

 Au bout de plusieurs heure de travail et sous les conseils bienveillants de l’empereur elle apprit une dizaine d’idéogrammes. Les heures défilèrent sans qu’elle ne s’en rende compte tant elle commença à réellement apprécier la calligraphie. Car pour elle, tout ceci n’était rien d’autre qu’un jeu amusant où il fallait retracer une suite de symbole de plus en plus complexe. Elle n’avait pas encore assez de connaissance pour pouvoir sérieusement être capable d’écrire une phrase complète. Et puis l’idée qu’un signe puisse représenter le sens du mot lui était un peut obscur.

-         Je crois que nous allons nous arrêter là. Décréta l’empereur lorsque les chandelles du salon finirent par s’éteindre peu à peu.

Il lui souhaita bonne nuit et lentement, sorti du pavillon. Edelweiss quant à elle, étala sur le sol tout son travail et les jugea non sans fierté. Enfin, elle se mit à bailler et alla se coucher à son tour.

La suite là


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Note de calliopé : Comme vous le ferez dans le plan que je vais remettre à jour, la chapitre 3 est plus long que les deux premiers et je pense que pour les chapitres suivants ça ne va pas aller en s'arrangeant... alala moi je ne sais ^pas comment font les autre pour avoir des chapitres à peu près équilibré, enfin tant pis...Vous remarquerez qu'il n'y a pas de musique aujourd'hui, c'est juste que je trouvez que ce passage n'en avez pas besoin en particulier.

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L'étrangère

Il ne fallut pas plus d’un mois à Edelweiss pour maîtriser les rudiments de l’ibrisme, elle en savait à peu près assez pour pouvoir tenir une conversation avec l’empereur sans l’aide d’un traducteur. La première difficulté qu’elle rencontra fut d’apprendre le maximum de mot de vocabulaire. L’ibrisme contenait à peu près sept fois plus de mots qu’en cadois à laquelle il fallait y ajouter les six cents gestes des mains qui en complétaient la langue. En moyenne, pour un mot cadois, il en existe une cinq ou six en ibrisme.

-         L’ibrisme est le plus parfait et plus complexe de tous les langages. L’état me rémunère chaque mois, pour tenter de vous en faire saisir toutes les subtilités. C’est pour moi un grand défi de transformer les petites oies stupides que vous êtes en délicat rossignol capable de tenir une conversation agréable !

C’est ainsi que commença le premier cours de Lettres que pris Edelweiss au milieu de plusieurs centaine de kempta venus de tout l’Empire. C’est jeunes filles d’une dizaine d’années destinées à être les potentielles concubines du prince divin, était en général des petites filles aristocrates provinciaux vendues au Harem pour leurs qualités qu’avaient repéré les racoleurs. Parlant toutes leurs propres dialectes, il était indispensable qu’elles apprennent l’ibrisme noble, la seule langue autorisait à la Cour du plus puissant des souverains du monde. Pour cela, on avait chargé l’eunuque Pushishan, l’un des professeurs du Harem le plus érudit, de veiller à leur éducation. Etant aussi grand que large, sa stature imposante lui avait valu le nom Pushishan qui se traduisait par Montagne de Connaissances.

Le professeur Pushishan s’apprêta à continuer son cours magistral lorsqu’un petit détail attira son attention. Parmi tous ces jolis minois tournés vers lui, un seul lui tourné résolument la face et fixait plus loin un vol de grue par la fenêtre de la bibliothèque impériale du Harem. Pushishan toussa de manière exagérée pour manifester sa présence à cette rêveuse mais apparemment cela n’eut pas l’effet escompté. Agacé, il traversa la rangée impeccable de fillettes pour se poster bien en face, poing sur les hanches, de la jeune fille rousse à la peau plus pâle que la lune. L’ombre de la bedaine du respectable professeur finit par ombrager la jeune fille qui se retourna en un instant. Alors qu’Edelweiss fut frappée de surprise par l’imposant professeur, ce dernier fut frappé par la couleur inhabituellement, d’un vert si percutant de l’iris de son élève. S’étant remis de son étonnement, l’eunuque fit agiter dans les airs la baguette qui ne le quittait jamais en classe tout en lui lançant d’une voix âpre :

-         Levez-vous jeune demoiselle, j’ai quelques questions à vous poser.

Edelweiss s’inclina et se leva un peu rougissante.

-         Oh non ! S’exclama le professeur Pushishan. Pas de cette manière ! Vous êtes aussi maladroite qu’une paysanne et force est de constater que vous avez emprunté la grâce de l’hippopotame sortant de la mare.

A ces mots la salle de bibliothèque résonna d’éclats de rire moqueurs.

- Allons, mademoiselle, recommencez ! Encouragea Pushishan en frappant la fillette sur la tête avec sa baguette. De toute façon vous ne pourrez pas faire pire alors réessayait à nouveau.

Edelweiss, rouge de honte se plia à cette comédie cinq fois de suite puisque le professeur de lettre trouvait toujours un défaut à sa façon de se tenir.

-         Inclinez-vous avec plus de lenteur ! Gardez un port de tête gracieux ! Ne levez pas les yeux avec autant d’effronterie et ayez un air un peu plus distingué !

Finalement, la cinquième fois, Pushishan se lassa de ce numéro et lui dit :

-         C’est un peu mieux même si ce n’est pas extraordinaire. Demain, nous verrons si vous avez fait plus de progrès. Maintenant j’aimerais savoir d’où vous venez Mademoiselle.

-         Je viens dou rroyaume de Grrande-Calice, maîtrre Pushishan. Répondit timidement Edelweiss avec un accent prononcé qui ne pouvait manifestement pas cacher ses origines.

-         Calice…Calice… La Calice ! Ah oui bien sûr ce pays aux confins du monde civilisé.

Puis Pushishan lui tourna le dos et s’adressa au reste des élèves attentifs.

-         Notez, s’il vous plait, que le cadois est une langue majoritairement parlée en Grande-Calice. Les anciens en situent les origines avant l’Implosion. Ces origines primitives en font une langue aux sonorités plutôt dures avec des consonnes articulées et mouillées.

Voyant ses camarades grattant leur feuille, Edelweiss pensa qu’elle pouvait se rasseoir avant d’être rappelé à l’ordre par son impitoyable professeur.

-         Je ne me souviens pas vous avoir autorisé à vous asseoir ?

Elle se releva aussitôt et crut bon d’ajouter un autre détail au sujet du cadois :

-   Les hauts rreligieux de mon pays pensent également qu’elle est la langue orriginelle des prremiers hommes inspirrés par le Saint-Esprrit.

Toutes les kempta la dévisagèrent incrédule. Edelweiss se rendu compte de son erreur quand elle comprit qu’aucune des filles qui l’entouré n’avait sûrement jamais entendu parler du Christ et donc encore moins du Saint-Esprit.

-         Jeune demoiselle, lança Pushishan d’une voix excessivement poli où l’on dénotait une pointe d’agacement. Il me semble que j’ai devant moi une fille plus instruite que moi, faîte donc partager votre connaissance, nous sommes impatients de vous entendre !

Edelweiss se confondit en excuse et expliqua qu’elle n’avait aucunement l’intention de prendre la place de son professeur.

-         Bien, répondit Pushishan avec satisfaction, puisque vous êtes encore debout, soyez utile et occupez-vous de remplir les pots d’encre noire pendant que vos camarades vont s’initier à l’art de la calligraphie.

Alors Edelweiss s’exécuta avec regret. Pendant qu’elle passa l’heure qui suivit à remplir les pots d’encre lorsqu’une kempta la hélait comme une servante, elle se maudit de s’être fait remarquer dès le premier jour. A présent elle avait pris du retard par rapport aux autres. Bientôt, la fin du cours s’annonça et elle n’avait toujours pas touché à un pinceau. Alors que les jeunes fils rangeaient leur matériel, le professeur les pressa de sortir. Edelweiss prit la porte dans les premières, elle courut rejoindre le pavillon Des Quatre Dattiers où elle en était sûre, Victorine l’attendait en ayant préparé un grand bol de lait chaud pour la réconforter de cette piteuse journée. Elle avança joyeusement jusque dans la cour principale de la maison lorsqu’elle remarqua de la lumière au salon de réception du deuxième étage. Elle traversa le hall et tomba sur Victorine qui paraissait nerveuse.

- Il vous attend en haut, mademoiselle. Lâcha t-elle.

Il ne fut pas utile à Edelweiss qu’on lui précise qui été ce « Il » puisqu’il n’existait qu’une seule personne masculine autorisée à pénétrer le Harem librement.

La suite là


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Petite traduction du dernier single d'Utada Hikaru que j'écoute en boucle en ce moment : Prisoner of Love. Il faut dire que cette chanson est également le thème du très bon drama Last friends diffusé en ce moment au Japon et que vous pouvez aussi trouver sur dailymotion ici


Je suis une prisonnière de l'amour
Prisonnière de l'amour
Juste une prisonnière de l’amour
Je suis juste une prisonnière de l'amour
Une prisonnière de l’amour

Tu dis un mensonge avec un visage indifférent
Tu ris jusqu’à t’en rendre malade
Tu as dit qu’il fallait seulement que l’on s’amuse

Tu exiges trop et cela me donne le blues
Tout le monde recherche la tranquillité
Tu t’essouffles mais tu es satisfait
Maintenant tu poursuis l’ombre de l’amour

Mes jours ennuyeux ont commencé à briller
Depuis le jour où tu es apparu
Je pensais pouvoir supporter la solitude et la douleur
Je suis juste une prisonnière de l'amour
Juste une prisonnière de l’amour

À travers les moments douloureux et les bons moments
Les jours orageux et les jours ensoleillés, nous marchons ensemble

Je vais te dire la vérité
J’ai choisi un chemin caché et douloureux
Tu es venu pour m’aider
Tu es le seul que je peux appeler ami

La fausse bravoure et l’avarice n'ont plus aucun sens
Je suis amoureuse de toi depuis ce jour
Même en étant libre ou en ayant le temps il n'y a pas de vie dans la solitude
Je suis juste une prisonnière de l'amour
Juste une prisonnière de l’amour

Oh encore un peu
N’abandonnes-tu pas
Oh n’abandonne jamais

Si la cruauté de la réalité cherche à nous séparer
Nous serons encore plus attirés l’un vers l’autre
Le plus possible, le plus possible nous devons rester fermes
Je suis juste une prisonnière de l'amour
Juste une prisonnière de l’amour

Ma banale vie courante a soudainement commencé à briller
Tu as volé mon cœur ce jour-là
Je pensais pouvoir supporter la solitude et la douleur
Je suis juste une prisonnière de l'amour
Juste une prisonnière de l’amour

Reste avec moi, reste avec moi
Mon bébé, dis que tu m’aimes
Reste avec moi, reste avec moi
Ne me laisse plus toute seule

traduction du site www.hikkiforever.com


publié dans : Clips musicaux communauté : La communauté japoniaise !!!!
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Il y avait cette chaise style rococo collée contre le rebord de la deuxième fenètre. J'avais beau te dire qu'elle était de mauvais goût, tu riais de mes remarques sans réellement les écouter et t'y asseyait comme tous les vendredis. Là je me souviens de ton visage contre la vitre comtemplant le monde des hommes d'une manière incompréhensible au commun des mortels.
Ce visage serein, comme celui du Boudha, les sourcils à peine froncés par la puissance des rayons solaires. Tu pouvais rester des heures dans cette position et moi des heures à t'observer...fascinée.

La chambre est vide à présent. Les meubles, la bibliothèque à gauche avec ces vieux livres empilés défiant les lois de la gravité...
Tout a disparu.

Il n'y a plus que cette odeur étrange de bois moisie, ces trois grandes fenètres belles et lugubres, le claquement sec de mes talons sur le parquet, et mes souvenirs fantômatiques...

Vingt ans maintenant que tu n'es plus.

publié dans : Mes écrits communauté : Les Enfants des Muses
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