Allez Enjoy !
vous êtes perdu? Pas panique !
Plan et lien détaillé : ici
début de l'histoire : chapitre 1
début chapitre 2
début chapitre 3
début chapitre 4
début chapitre 5
Edelweiss avait aménagé depuis quelque mois une petite bibliothèque et de temps en temps elle venait dans cette petite pièce s’isoler pour lire tranquillement des poèmes ou d’autres formes de littératures. Cela ne plut pas trop à Edelweiss de savoir Hédopian dans cette pièce si intime. C’était le seul endroit qui était emprunt de sa personnalité est bien évidemment, la pièce était constamment en désordre.
En ouvrant la porte elle trouva Hédopian assis en tailleur au milieu de ce capharnaüm de livres, un ouvrage à la main.
- Tu es incorrigible Edelweiss, dit l’empereur avec sa gentillesse habituelle. Tu n’es jamais là quand l’on te cherche, tu aimes bien te faire désirer.
Elle s’inclina trois fois, bien qu’elle sente une petite douleur dans son bas ventre.
- Que cherchez-vous ici ? Ce n’est pas vraiment une pièce pour vous recevoir.
- Oh je le vois bien ! Dit-il en riant. Mais comme j’ai pensé que l’on mettrait un temps fou à vous retrouver je me suis mis à la recherche d’un livre intéressant à lire et c’est comme ça que je suis tombé sur votre... jardin secret si l’on peut dire. Je ne savais pas que vous aimiez à ce point la lecture ?
- Oh bien c’est parce que, en ce moment j’ai beaucoup de temps libre...
Edelweiss vit l’empereur froncer les sourcils, elle avait fait une insinuation un peu trop évidante sur le fait qu’il l’a délaissé.
- Si j’ai beaucoup de temps libre c’est parce que je suis enceinte et donc que je dois beaucoup me reposer, reprit-elle pour essayer de calmer son humeur.
- Tu as de drôle de lecture quand même. Dit-il en prenant une pile de livre. Chronique de l’Empire : règne d’Hédopian III de 1006 à 1020, Les raisons de la conquète du Haut continent trois siècle avant l’Implosion, ou encore Mémoire de guerre du Général Ishir sur les années 1007-1015. Sérieusement Ishtasma, Ca t’intéresse vraiment tous ça ?
« Bon sang ! Qu’est-ce que je vais bien pouvoir inventer ? S’interrogea Edelweiss » Elle savait qu’elle ne pouvait pas lui dire la vérité. Elle ignorait la réaction d’Hédopian si elle lui disait qu’elle avait demandé à Pushishan de lui faire une compilation de livres sur la généalogie de cette dynastie et plus précisément sur la période qui avait suivit l’intronisation d’Hédopian sur le trône. Elle avait à peine commencée ses recherches et elle risquait de voir ces livres confisqués si elle ne lui donnait pas une bonne justification.
- Oui ton règne m’intéresse. Dit-elle avec le plus de sincérité possible.
« Hum... il n’a pas l’air très convaincu... Pensa t-elle. »
- Si tu le dis, soupira t-il en se relevant. Mais ne te rempli pas la tête inutilement la tête avec tous ses choses, je n’aimerai pas que tu deviennes une femme intellectuelle.
« Tiens ! C’est la première fois que je remarque qu’il n’aime pas que son entourage soi trop cultivé songea Edelweiss » Elle l’emmena dans un salon plus agréable et lui servit un thé brûlant. Comme toujours, il avait le regard constamment tourné vers l’extérieur. Mais ce jour-là, Edelweiss perçut une atmosphère tendue entre eux, personne ne parlait. Seule les pincements harmonieux d’une cithare brisait le silence.
- Est-ce que tu veux jouer à une partie d’échec ? Proposa t-elle.
- Non dit-il froidement. Je sens que la partie va durer toute la nuit et je n’ai pas prévu de rester.
- Ah vraiment... murmura t-elle sans cacher sa déception et se demandant alors pourquoi il était venu.
Soudain Edelweiss remarqua qu’il n’arrêtait pas de se masser la tempe. Avait-il la migraine ?
- J’étais juste venu prendre des nouvelles du bébé et aussi...ah oui ! Ça me revient ! S’exclama Hédopian distraitement. Je devais aussi te dire que je t’autorise à recevoir une visite demain midi.
- Une visite ? Mais de qui ? Je ne connais personne à l’extérieur du Harem.
- Tu es sûr ? ce n’est pas ce que m’a dit le seigneur Oowatie...
- Seigneur Oowatie ! Bon sang... ça fait tellement longtemps ! Ce sera un immense plaisir de le recevoir.
Au moment où Hédopian se leva, un esclave coulissa la porte pour lui permettre de sortir, Edelweiss le retint en posant sa main sur son épaule.
- Tu ne demandes pas des nouvelles du bébé ? N’était-ce pas pour ça que tu es venu me voir ?
Hédopian la regarda un long moment comme s’il ne comprenait pas de quoi elle parlait, puis son regard s’apaisa et il lui dit en souriant.
- Comment va l’enfant ? Latiouna a t-elle dit qu’il se portait bien ?
- Oui très bien, murmura t-elle intrigué par son manque d’attention flagrant à la conversation.
- Repose toi et ne fais pas de chose qui pourrait mettre en danger l’enfant, d’accord ? Dit-il avant de rentrer dans un palanquin doré qui l’attendait à l’entrée.
- Oui, oui, je serais sage... Répondit-elle à voix basse alors que le palanquin avait déjà atteint la grille de sa demeure.
- Vite au Palais des Songes ! Ordonna Hédopian à sa garde personnelle.
« J’avais promis à Aïshna de passer la nuit avec elle... tant pis pour elle... J’ai trop mal au crâne... il faut que cela cesse maintenant ! »
Conformément à sa demande, Hédopian fut déposé à l’intérieur de son palais en un temps records de six minutes. À peine eut-il posé le pied dans ses salons qu’il fut saisit d’une sensation glaciale qui l’envahit jusqu’au plus profond de ses entrailles.
- Adgar ! Je sais que tu es là ! Hurla à plein poumon Hédopian.
Il écouta sa propre voix se répercuter dans le haut plafond du salon.
- Sa majesté me semble de bien mauvaise humeur ce soir, répondit une voix particulièrement placide et provenant des quatre coins de la pièce en même temps. Je me demande bien ce qui a bien pu la contrarier...
- Ne joue pas avec moi Adgar ! Tu sais très bien ce qui se passe ! Viens ici immédiatement !
- À vos ordres, répondit la voix d’un ton ironique.
Hédopian leva la tête est découvris Adgar assis jambes croisées au sommet d’une étagère. Ce dernier se laissa tomber avec grâce des trois mètres de hauteur qui le séparait du sol et atterrit sans un bruit en face de l’empereur. Hédopian ne soutint pas longtemps le regard impénétrable de l’immortel et alla s’asseoir derrière son bureau. Adgar disposait d’une palette d’expression plus étendue que la plupart des hommes ce qui rendait la plus part du temps ses expressions faciales trop subtiles pour l’intelligence humaine. À force de le côtoyer, Hédopian en avait déduit que le meilleur moyen pour converser sur un pied d’égalité, sans être pris au dépourvu par ce visage, était de ne pas trop chercher à le regarder droit dans les yeux.
- Je t’ai appelé Adgar, parce que je veux que tu trouves un moyen de faire définitivement cesser ces migraines infernales. C’est la troisième crise en moins d’un mois. Je ne sais pas comment lui arrive à le supporter mais moi ça me rend fou. C’est comme si un étau se resserrait autour de mes tempes.
- Prince Divin... Je crois vous l’avoir déjà expliqué mainte fois. Votre propre douleur n’est que mentale, le seul qui ressent la vraie souffrance au moment où je vous parle est votre frère. Il n’y a aucun moyen pour combattre l’empathie que vous ressentez pour lui. La seule chose qui puisse atténuer les effets de l’empathie est l’abstraction. Mais la capacité d’abstraction est une qualité rare chez les humains qui nécessite beaucoup de concentration et de volonté. Or Majesté, vous n’êtes pas prédisposé à cette capacité, à l’inverse vous vous laissez totalement submergé par ses émotions au point d’être convaincu qu’elles sont les vôtres...
Hédopian se prit la tête dans les mains, tant la douleur était atroce. Adgar l’observa sans bouger. Soudain l’empereur éclata de rire et renversa dans un effroyable fracas les vases de porcelaines et autres œuvre d’art qui décoraient son bureau.
- Qu’en est-ce que vous comprendrez que l’existence de Sokusaï n’a aucune signification à mes yeux ! Qu’il vive où qu’il crève ne m’intéresse pas ! S’écria Hédopian hors de lui.
- Ce n’est pas ce que montre votre comportement... murmura Adgar.
Hédopian prit un temps de repos avant de répondre, sa fureur lui faisait dégager une trop grande énorme quantité d’énergie.
- Non attends... à la réflexion tout serait plus simple s’il était mort... mieux encore s’il n’était jamais né ! Dit-il en ayant brusquement reprit une voix posée.
Adgar retira un morceau de porcelaine qui s’était enfoncé de cinq centimètres dans son cou. « Il y a parfois du bon à être immortel, songea t-il »
- Tuer Moon Sokusaï ? Pourquoi pas. Je ne pense pas qu’il s’y opposerait. Il a toujours été un bon garçon obéissant, déclara Adgar non sans se départir d’une pointe de nostalgie. Mais... Le problème est de savoir si vous, vous le supporterez.
À ses mots, l’immortel avait pointé du doigt l’empereur. Hédopian une nouvelle fois éclata de rire.
- Je ne pensais pas que Sokusaï manquait autant que ça à Ange ? Mais arrêtez de vous bercez d’illusions. Il ne pourra plus jamais revenir sous votre contrôle, c’est de l’histoire ancienne... Et justement en parlant du passé.
Hédopian tendit sa main paume ouverte à l’immortel.
- Je sais que tu as le pouvoir de lire le passé. Je t’offre la possibilité de modifier le mien, tu feras en sorte que Sokusaï meurt avant même de naître.
- Je comprends maintenant pourquoi vous m’avez appelez moi et non Nicéphocle. Mais modifié le passé est bien plus dangereux que modifier le futur. Le moindre changement, aussi insignifiant soit-il aura des conséquences sur votre présent. Et pour être tout à fait franc avec vous, je ne crois pas que vous seriez empereur dans ce présent-là. Car que vous le vouliez où non, vous et votre jumeau êtes dépendants l’un de l’autre.
Le regard que lui lança Adgar à cet instant était si troublant qu’il plongea l’empereur dans une angoisse glaciale.
- Prince Divin... Un homme puissant sans arme ne vaut pas plus qu’un faible dans ce monde. Et à quoi servirait l’arme la plus redoutable sans un maître à sa mesure ?
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