vous êtes perdu? Pas panique !
Plan et lien détaillé : ici
début de l'histoire : chapitre 1
début chapitre 2
début chapitre 3

Un cours particulier
- A cette heure-ci ? La nuit est presque tombée, pour quelle raison me fait t-il l’honneur de venir si tard ? Demanda Edelweiss.
Tout en sachant pertinemment qu’une simple servante ne pouvait en avoir la réponse.
- Fais le patienter le temps que je me change. Je ne peux pas me présenter dans cette tenue…
- C’est impossible mademoiselle Edelweiss ! Cela fait plus d’une heure qu’il patiente dans votre salon. Je lui ai pourtant dit que vous risquiez de revenir tard mais il a dit qu’il avait tout son temps…
- Oh ! Mais je vois que toi aussi tu as fais des progrès en ibrisme à ce que j’entends ! S’enchanta la jeune fille.
- Mademoiselle ! Supplia Victorine. Vous devez y aller maintenant de toute façon il a dû forcément vous voir arriver de la fenêtre du salon.
La fenêtre du salon…Comme elle se sentait nerveuse à chaque fois qu’elle l’observait près de cette fenêtre. Il était à la fois attentives à la conversation et au moindre mouvement à l’extérieur. Elle trouvait alors qu’il avait le même regard qu’un rapace près à se fondre sur sa proie.
Elle pénétra dans le salon et salua l’empereur avec toute la lenteur et la dignité que lui avait apprise le maître Pushishan.
- Je m’excuse de vous avoir fait attendre…
Edelweiss jubila intérieurement d’entendre que son accent désagréable s’estompait face à l’empereur.
- Ce n’est pas grave, dit l’empereur d’un air enjoué. Tu étais en cours, c’est tout à fait excusable.
- Vous devez mourir de faim, je vais dire à Victorine de…
- Non, non laisse. Je reviens de chez ma sœur qui n’a cessé de me gaver de ses pâtisseries ! Lui dit-il en plaisantant.
- Vous étiez donc chez votre sœur.
- Ma demi-sœur en faîte... Lui dit-il vaguement comme s’il n’avait pas envie d’en parler davantage. Dis-moi ? Et toi qu’as-tu appris aujourd’hui ?
- Aujourd’hui…
Elle prit le temps de réfléchir à sa réponse. Elle n’allait tout de même pas lui dire quelle avait passé la journée debout à remplir des pots à encre…Mais elle ne voulait pas non plus lui mentir.
- J’ai aidé maître Pushishan à préparer le matériel de calligraphie. Avoua t-elle avec honte.
- Dis plutôt que tu as été distraite pendant l’heure et qu’il t’a dispensé d’écrire, lança Hédopian avec gentillesse.
- Euh…oui ! Comment le savez-vous ?
- Les professeurs de Lettres sont tous les mêmes. Ils donnent tous les mêmes punitions ! Ajouta l’empereur ce qui sous-entendait qu’il avait peut-être lui aussi été frappé par les mêmes sanctions dans son enfance. Si tu veux, je peux te faire rattraper ton retard ? proposa t-il.
- Vous feriez ça pour moi ? Non ce n’est pas la peine, ma lenteur va vous agacer...
L’empereur n’écouta pas s’excuse et en deux claquements de main, il ordonna qu’on lui apporte un matériel de calligraphie et en moins de temps qu’il ne faille à Edelweiss pour dire quoi que ce soit, Elle se retrouva avec un pinceau dans la main, à genou devant une grande feuille blanche.
- Je ne suis pas un artiste de la calligraphie comme votre vénérable maître Pushishan mais comme tout le monde je connais parfaitement les mille trois cent idéogrammes de bases nécessaires à la compréhension de l’écriture. Tu devras faire preuve de patience et d’effort pour tous les retenir à la perfection.
Pendant qu’il parlait, l’empereur s’était installé lui aussi devant une autre feuille blanche. Sa main droite trempa la pointe de son pinceau dans une encre violette et se mit à tracer un signe de bas en haut, tandis que sa main gauche retenait la longue manche de son bras droit.
- Regarde bien mon geste. Mon poignet est souple, mon pinceau est à la verticale de ma feuille. Bien évidemment je n’ai aucun bracelet susceptible de me gêner. Maintenant que tu as vu c’est à ton tour.
Edelweiss tenta de reproduire le même signe mais le premier essai ne fut pas concluant, il était même très mauvais. Sans se décourager, elle prit une autre feuille et réessaya à nouveau. Le troisième essai fut meilleur encore.
- Très bien. Maintenant tu sais écrire le mot «mère », lui dit-il.
Au bout de plusieurs heure de travail et sous les conseils bienveillants de l’empereur elle apprit une dizaine d’idéogrammes. Les heures défilèrent sans qu’elle ne s’en rende compte tant elle commença à réellement apprécier la calligraphie. Car pour elle, tout ceci n’était rien d’autre qu’un jeu amusant où il fallait retracer une suite de symbole de plus en plus complexe. Elle n’avait pas encore assez de connaissance pour pouvoir sérieusement être capable d’écrire une phrase complète. Et puis l’idée qu’un signe puisse représenter le sens du mot lui était un peut obscur.
- Je crois que nous allons nous arrêter là. Décréta l’empereur lorsque les chandelles du salon finirent par s’éteindre peu à peu.
Il lui souhaita bonne nuit et lentement, sorti du pavillon. Edelweiss quant à elle, étala sur le sol tout son travail et les jugea non sans fierté. Enfin, elle se mit à bailler et alla se coucher à son tour.


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