Après une (très) longue absence me voilà de retour ! Avec la suite des aventures de nos compères dans La Cité suspendue. Et pour la musique vous aurez encore droit cette fois-ci à de la musique
indienne, promis la prochaine fois je change ^^"
Enjoy ! ^^
vous êtes perdu? Pas panique !
Plan et lien détaillé :
ici
début de l'histoire :
chapitre 1
début
chapitre 2
début
chapitre 3
Wada na tod de Lata Mangeshkar
Une intégration trop difficile
Tout le monde s’était figé de stupeur quand Edelweiss avait interrompu brusquement la conversation. Alors sa mère avait repris ses esprits la première et l’avait
réprimandé d’une colère sourde.
-
Ai-je enfanté d’une demoiselle ou d’une sauvageonne ? D’où vous viennent ses manières grossières d’entrer dans une pièce ? Excusez-vous
sur-le-champ de votre impolitesse à l’empereur.
A moitié rassurée de ne pas être en présence du prince Sokusaï, la jeune fille s’inclina maladroitement jusqu’au sol en marmonnant le mot pardon en ibrisme. A ce
seul mot, le visage du divin prince remit de sa surprise, s’éclaira à nouveau.
-
Sa majesté me fait dire qu’elle trouve que la noble demoiselle de Jourdain fait des progrès de jour en jour en ibrisme.
-
Euh… je…Hésitai Edelweiss en regardant Oowatie puis finalement d’adressant directement à l’empereur en cadois. Je n’ai pas de mérite, puisqu’il m’a
suffit d’écouter parler les mamchies lorsque l’une d’elles a cassé accidentellement un verre.
Quand on lui traduit sa réponse, l’empereur éclata de rire et Edelweiss ne put s’empêcher de rire à son tour.
-
Elle a de l’humour cette fille-là, confia l’empereur à Oowatie. Comment se nomme t-elle déjà ?
-
Elle s’appelle…Aadalvaïss, je crois.
L’empereur ne tenta même pas de le redire et ajouta :
-
Dommage qu’elle ait un nom imprononçable. Dîtes leur que je les invite toutes les deux à un récital du maître Bashibana que donnera demain le chanteur
Yogi Nèspallas, un castrat réputé, au Petit Palais Impériale.
Sur ce l’empereur se leva, remercia Jeanne de lui avoir fait passer un moment agréable et s’excusa de devoir partir.
Lorsqu’elle fut certaine que l’empereur ait quitté le pavillon, Edelweiss demanda timidement à sa mère ce qu’était un castrat.
-
Je n’en ai pas la moindre idée, répondit-elle.
Les mois s’écoulèrent ainsi. L’empereur chercha à les distraire, à les étourdir de cadeaux et de fêtes, stimulant chaque jour leur curiosité par de nouveau jeux,
des courses de chevaux, une ballade dans son parc animalier où les Caliciennes virent pour la première fois de leurs propres yeux des singes, des éléphants, des léopards et plein d’autre animaux
exotiques encore. Alors que Jeanne semblait se chercher au milieu de ce monde où elle n’avait pas ses repères, Edelweiss s’épanouissait de jour en jour.
Elle avait définitivement adopté l’habit que portaient les jeunes filles de son âge. Les jeunes safianites non mariée ne mettaient que très rarement, à part lors de
cérémonie officielle, le chaïma qui était un vêtement lourd et qui encombrait les mouvements. Elles portaient simplement le romji c’est à dire la chemise à aile de papillon à
col carré qui descendait jusqu’à mi-cuisse sur un pantalon bouffant en soie qui s’arrêtait mi-mollet. Puis elles se chaussaient de sandales en cuir qu’elles nouaient grâce à des rubans qui
remonté jusqu’au mollet. La première fois que Jeanne et Victorine découvrirent cette tenue, elles faillirent s’évanouir de honte. Elles lui déclarèrent qu’il était inconvenant pour une femme de
montrer ses chevilles nues et encore moins ses mollets, elles s’insurgèrent contre le port du pantalon et de même contre le faite qu’Edelweiss ne portait plus depuis quelque tant le corset mais
sous-vêtement féminin safianite qui ne soutenait ni la taille ni le ventre mais uniquement la poitrine et qu’ils nommaient soutien-gorge.
-
C’est plus moderne ! Enchaîna Edelweiss sans se laissait étourdir par les réprobations unis de sa mère et de sa gouvernante. Lorsque je sortais
dehors les autres filles de mon âge se moquaient de moi. Elles trouvaient que j’avais une allure guindée avec ce corset…
-
Comment peux-tu le savoir Edelweiss ? Je te signale qu’à part quelques mots tu ne parles pas l’ibrisme.
-
Ce n’est pas difficile, mère, de savoir quand on est l’objet de raillerie. Et puis l’ibrisme à la particularité d’être une langue très visuelle, un
geste explique beaucoup de chose…
-
Ne dit pas n’importe quoi Edelweiss, de toute façon nous rentrons bientôt en Grande Calice et tu n’auras plus le choix…
-
Mais, mère ! S’emporta soudain la jeune fille qui n’avait jusqu’à présent jamais élevé la voix contre sa mère. Cela fait des mois que vous me
répétez le même refrain et cela fait plus de sept mois que nous sommes toujours ici. Avouez que vous vous plaisez ici ! Avouez que l’attention que nous porte l’empereur ne vous dérange
pas !
Ce fut trop. Le soufflet que reçu l’insolente du plat et du revers de la main cingla sur ses deux joues avec la même intensité que deux coups de fouet. Alors que la
plupart des jeunes filles auraient fondu en larmes et se serraient confondue en excuse les plus plates, Edelweiss toisa sa mère, furieuse, les joues rougis et lui annonça qu’elle n’avait pas
l’intention de changer de tenue avant d’être rentré en Grande Calice. Puis sur ses paroles elle s’enfuit en courant.
Jeanne sous le choc se demanda alors qu’elle était la meilleure position à adopter. L’éducation qu’elle avait reçu elle-même la poussait à rechercher sa fille et à
la rosser en public jusqu’à ce que l’insolente se repentît de sa faute. Mais voilà, la violence n’était pas dans la nature de Jeanne. Elle pouvait aussi la congédier à la maison, la priver de
sortir de sa chambre et l’obliger à réécrire des milliers de fois l’un des commandements du décalogue « tu honoreras ton père et ta mère » mais
Jeanne douta que cette punition fasse effet sur une enfant qui avait hérité du même caractère buté que son père. Elle pourrait oublier cet incident mais cela aurait signifiait s’avouer que son
autorité était bafouée.
Jeanne se retrouva face à une évidence ; elle n’avait aucune idée de la façon d’éduquer un enfant. Toute sa propre vie elle n’avait pratiquement
jamais vu ses parents et elle-même n’avait vu que très rarement sa propre fille. La circonstance exceptionnelle qui la forçait à cohabitée avec Edelweiss été pour elle tout
nouveau. Elle avait vraiment découvert au fil des mois sa vraie personnalité. Elle avait observait pour la première fois sa fille jouer dans la cour intérieure à la balle avec de jeunes kempta,
rire de joie comme si elles s’étaient toujours connues alors qu’elles ne se comprenaient même pas. Elle avait remarquait également cette complicité fraternelle qui commençait à naître entre elle
et l’empereur. Tout comme Arthur, Edelweiss aimait les pitreries et n’hésitait pas à en faire des tonnes pour faire jusqu’à pleurer de rire le divin Prince. Et ce qu’Edelweiss aimait par-dessus
tout c’était imiter les manières et les mimiques des autres courtisans, ce qu’elle réussissait d’ailleurs à la perfection. L’empereur qui n’avait apparemment peu de temps pour se détendre,
partageait l’après-midi hebdomadaire qu’il passait au pavillon Des Quatre Dattiers entre sa visite de courtoisie à Jeanne et les plaisanteries qu’il inventait avec
Edelweiss.
Plus le temps passé, plus les rares informations provenant de la Grande Calice était catastrophique. Tout d’abords l’empereur lui-même lui apprit, l’air de rien au
cours de sa visite, qu’ils avaient retrouvé la trace du cardinal Andreotti, qu’il avait réussi à trouver un bateau pour la Calice, mais que ce dernier avait échoué en mer parce qu’il était parti
en début de saisons et que les risques de tornades étaient toujours présents. Puis une mauvaise nouvelle en entraînant une autre, Oowatie lui rapporta que les relations diplomatiques entre
l’Empire et la Calice commençaient à se dégrader à cause des récents bouleversements politiques qui secouent le pays. La reine a été mise en cause pour la dernière chute économique qui a entraîné
une famine sans précédent dans tout le pays. À cause du chaos qui règne, personne ne sait si la reine a finalement était destituée ou pas. Et l’Empire a menacé de cesser tous commerce avec la
Grande-Calice, si cette dernière ne remboursait pas les dettes qu’elle avait contractées dix ans auparavant.
-
Mais enfin c’est impossible s’insurgea un jour Jeanne face à Oowatie. Je me souviens de cet accord, c’était sous le règne du feu roi Théodelphe. En
signant, l’Empire savait très bien que la Calice serait dans l’impossibilité de rembourser dans un délai aussi court.
-
Alors il ne fallait pas signer ! Mais quoi qu’il en soit, aujourd’hui la Grande-Calice est empêtré dans un sacré problème. Vos ennemis ont,
paraît-il, déjà envahi le Nord-est du pays. Justement j’ai été nommé ambassadeur en Calice pour essayer de parlementer à nouveau mais vu la situation, cette nomination n’est vraiment pas un
cadeau…
-
Et le prince Sokusaï ?
-
Il a tourné la page sur la politique. Il ne veut plus s’y impliquer. Je suis allé lui rendre visite le mois dernier et je peux vous affirmer qu’il n’a
jamais été plus heureux qu’en province loin de la Cité. Il s’occupe tant de sa fille que les nourrices commencent à être mécontentes. Elles n’arrêtent pas de lui dire que ce n’est pas le rôle
d’un homme de langer un enfant, mais il s’en fiche et à dire vrai il est une meilleure mère qu’elles.
-
Je suis heureuse pour lui. Mais seigneur Oowatie je n’arrive pas à croire ce qui arrive à mon pays ! Vous savez, avec le
recule, je fini par me demander si tout cela n’était pas déjà pensé à l’avance par l’empereur.
-
L’empereur ? C’est peu probable. Il y a dix ans vous savez, il avait à peine huit ans et la géopolitique n’était pas encore sa principale
priorité. S’il y avait quelqu’un qui avait véritablement les rênes du pouvoir, c’était sa mère, la Vénérable Reine Mère.
-
Mais depuis combien de temps exactement l’empereur est-il sur le trône ?
-
Laissez-moi réfléchir… c’était il y a… c’était il y a treize ans, il ne devait pas avoir plus de cinq ans.
-
Cinq ans ! S’écria Jeanne. Comment peut-on laisser un enfant si petit régner sur un pays aussi vaste que le vôtre ? Aucun seigneur n’a t-il
jamais été tenté de profiter de la minorité du souverain pour le destituer et prendre sa place ? C’est souvent ce qui se passe en Grande-Calice. Le pouvoir n’est pas un jeu pour
enfant.
-
Non ces choses là n’existe pas chez nous et vous savez pourquoi ? Parce que la dynastie qui règne sur l’Empire à plus de mille ans. Depuis tout
ce tant, les empereurs qui se sont succédé de père en fils sur le trône étaient tous des descendants directs du légendaire empereur fondateur. Le peuple a tellement intégré le pouvoir impérial
dans ces mœurs qu’elle est très attachée à leur souverain et pour rien au monde n’accepterait un étranger qui n’est pas de la lignée du fondateur.
Soudain Oowatie regarda autour de lui comme s’il était avait peur que l’empereur paraisse alors qu’il était venu, il y a deux jours.
-
Madame, je vous demanderai d’éviter de parler des affaires de la Grande-Calice avec le divin Prince. Lorsqu’il vient vous voir c’est justement pour
oublier les affaires d’Etat.
-
J’ai bien compris que pour lui le Harem est un endroit de détente…
-
Pas vraiment Madame. Il ne faut pas croire que c’est seulement un endroit où les femmes lui sont offertes corps et âmes. Non ! C’est bien plus
complexe. Les femmes manigancent aussi bien que les hommes, elles intriguent pour obtenir des privilèges et elles sont capables du pire pour atteindre leur but. Ici, au pavillon Des Quatre
Dattiers, il est certain de ne pas avoir affaires à des femmes qui lui demanderont un poste pour un oncle, ou encore des bijoux ou une nouvelle garde robe. Je crois qu’il aime vous faire des
cadeaux parce que vous ne lui demandai jamais rien. Madame, si je pouvais me permettre de vous donner un conseil, ne retournez pas en Calice. Votre défunt mari avait vu juste, la Calice est en
plein déclin. Et puis vous avez vendu vos terres, vous n’avez plus rien là-bas. Que feriez-vous, veuve, dans un pays ou le pouvoir n’existe plus ou il n’y a plus rien à manger ?
-
Seigneur Oowatie !
Jeanne s’était levé d’un bond, le visage empourpré.
-
Où je compte aller ne vous concerne pas !
-
Madame, je vous en prie ! Ne vous emporté pas comme cela, je ne voulais que vous conseiller, libre à vous de prendre votre décision. Mais pensez
à vous et surtout pensez à votre fille. Ici vous aurez tout, là-bas, tout sera à refaire.
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