Donc voici Get me bodied extrait du live The Experience Live.

En revenant au Harem, Edelweiss finit par comprendre que le retour de l’Imane coïncidait avec les bonnes nouvelles qui étaient enfin parvenu du front. Après à peine deux mois de campagne militaire, l’empereur avait anéanti l’ennemi et devait revenir d’ici quelques jours dans sa Cité. Pour tous les courtisans déserteurs, il était absolument vital de revenir avant le Divin prince afin de préparer les festivités pour son triomphe. Mais loin de la fébrilité qui animait le cœur de la Cité, Edelweiss restait cloîtrait dans sa chambre. L’Imane lui adressait à peine la parole depuis quelques jours. Elle feignait de l’ignorer et ses dames suivaient son exemple.
Puis l’empereur revint afin dans sa Capitale, acclamé par son peuple ivre de joie. Les fêtes furent sans fin, et d’une débauche de luxe rarement atteint. On dansait et chantait dans les rues toute la nuit et cela continuaient aussi toute la journée, jusqu’à ce que l’empereur fut obligé de faire éditer un décret ordonnant à son peuple de reprendre son travail afin de refaire marcher l’économie du pays. Malgré tout, Hédopian n’était complètement aveuglé par toutes ces festivités en son honneur et finit par glisser un soir à Onève :
- Je n’ai pas eu le plaisir de revoir ta kamkamsatti depuis un certain temps, très chère seconde Imane ?
Pour toute réponse, Onève se contenta de faire glisser une lettre sous le paravent...
Le lendemain matin, Edelweiss reçut dans sa petite chambre la visite de la reine-mère en personne accompagnée de trois sombres eunuques et d’une vieille femme. Sans même se présenter, ni même s’excuser d’avoir pénétré dans la pièce de la jeune fille, la reine mère ordonna à ses sbires de la déshabiller et de la coucher sur le lit. Edelweiss eut beau se débattre de toutes ses forces, de hurler, de griffer, de pleurer elle ne put rien faire. Et la vieille femme s’approcha d’elle et la força à ouvrir l’entrejambe. Edelweiss cria de plus belle en vain, lui suppliant de la laisser, de lui dire qu’elle lui faisait mal mais ses bourreaux restèrent sourds à ses gémissements... Puis la vieille femme enleva ses doigts et dit seulement à la reine mère.
- Elle est encore vierge.
- Bien, à présent qu’elle me suive, répondit froidement le profil de faucon.
Etouffant ses sanglots, la jeune fille se rhabilla hâtivement, accablée de honte devant les eunuques et suivit la reine mère dans son palanquin. De là, elle fut conduit directement dans le Palais des Songes. Elle entra dans une pièce où se trouvait déjà l’empereur assit derrière un imposant bureau. En l’apercevant Edelweiss s’effondra en prosternation, elle ne savait pas de quoi on l’accusait mais elle était prête à tout pour se faire pardonner.
- Je t’ai amené la fille, dit Trixie en s’inclinant à nouveau.
Hédopian ne répondit pas. Il avait un air lointain et fronçait légèrement les sourcils. Puis son regard se posa sur sa mère avant de revenir sur Edelweiss.
- Sais-tu pourquoi tu es ici, Ishtasma ? Finit-il par lâcher.
La jeune fille secoua la tête.
- L’empereur ne comprend pas l’inaudible, lança Trixie agacée.
- Je n’en ai pas la moindre idée... murmura apeurée Edelweiss.
- En es-tu sûr ? N’as-tu rien fais qui auraient pu te compromettre ou compromettre mon honneur pendant mon absence ?
Edelweiss déglutit difficilement. C’est vrai qu’elle avait désobéis aux lois du Harem mais jusqu’à présent, elle n’avait jamais eu l’impression de se sentir fautive. Mais devant ses deux personnages de l’état si intimidant, elle se sentait coupable de tout les tords.
- J’ai... Je me suis échappée de la surveillance de mes gardiens pour me balader dans la campagne...
- Combien de fois ? Coupa sèchement Trixie.
- Je ne sais pas... deux à trois fois par semaine...
La reine mère secoua la tête d’un air réprobateur et Edelweiss vira au rouge pivoine.
- Qu’est-ce qui t’a bien poussé à enfreindre aussi souvent les règles ? N’as-tu fais la rencontre de personne en particulier ? Continua l’empereur.
Ils savaient... Elle ignorait comment puisqu’elle n’avait jamais parlé de sa rencontre avec Sokusaï pas même à Onève. Mais à présent tout était joué d’avance il était impensable de vouloir cacher plus longtemps ce secret de polichinelle.
- J’ai vu le prince Sokusaï... Il ne m’a jamais touché, je vous en prie croyez-moi ! Jamais il n’a eu un geste déplacé envers moi. Je suis l’unique responsable, j’ai pénétré ses terres régulièrement sans son autorisation...
Après ses aveux, Edelweiss se demanda pourquoi elle avait défendu le prince puisqu’il devait être la seule personne qui avait pu la dénoncer. Puis de manière inattendue, l’empereur soupira :
- J’ai confiance en ta vertu, Ishtasma mais je n’ai pas confiance en la sienne... Ne connais-tu pas la réputation du prince Moon Sokusaï qui fait même honte à notre pauvre mère et déshonore le nom de la famille impériale ? Ne sais-tu pas qu’il vit dans l’immoralisme ? Qu’il fréquente des personnes indignes de sa caste ? Qu’il a des mœurs débridés, perverses, voir déviantes ? Personne ne t’a jamais parlé de son comportement étrange ? Parce que si tu l’avais su, Ishtasma, je suis sûr que tu n’aurais jamais approché cette personne avec qui je suis contraint de partagé le même sang.
- Oui Prince Divin...
- Et méfie-toi d’Onève aussi, cette femme est prête à tous pour garder ses privilèges...
- Onève ? S’étonna Edelweiss. Que vient faire votre magnifique Imane dans cette histoire ?
- Figure-toi que c’est ta Grande Sœur en personne qui m’a écrit une lettre sur ton compte. Dit Hédopian en jettant un parchemin au pied d’Edelweiss.
En lisant son contenu, Edelweiss n’en crut pas ses yeux. C’était en réalité Onève qui l’avait trahie.
- Comme tu as pu le lire, poursuivit Hédopian, Elle m’a écrit pour me prévenir de sa méfiance envers toi pendant mon absence. Elle m’a dit qu’elle t’avait surpris plusieurs fois rentrer de cheval sans autorisation des eunuques et qu’elle émettait des doutes sur toi, étant donner que sa propriété ne se trouver qu’à peine deux lieues de celle du prince Moon Sokusaï.
L’esprit d’Edelweiss bouillonna de rage. Si l’empereur disait vrai, alors Onève aurait monté toute cette intrigue uniquement pour l’écarter du Harem. Celle qu’elle considérait comme sa sœur, n’avait en réalité fait que la manipuler depuis trois ans... Comment ne s’en était-elle pas rendu compte ? C’était si évidant ! Onève rêvait depuis des années de retrouver son ancien statut de première Imane. En ayant remarqué que l’empereur appréciait Edelweiss, elle avait décidait de la prendre sous sa protection pour avoir accès à l’empereur plus souvent et ainsi user de ses charmes. Edelweiss n’avait jamais était qu’un jouet pour Onève, qu’elle agitait pour attirer l’empereur, mais apparemment elle se sentait assez sûr de son pouvoir sur lui maintenant pour ne plus avoir besoin de sa kamkamsatti.
- Si l’empereur savait cela depuis le début, pourquoi joue t-il au jeu de la seconde Imane au point de lui laissait croire qu’elle a une emprise sur vous ? Demanda Edelweiss sans cacher son agressivité puisqu’elle n’avait plus rien à perdre à présent.
- Onève à toujours était une intriguante trop sûr d’elle. Le seul moyen pour qu’elle puisse retenir une leçon c’est qu’elle tombe de haut. Je suis désolée de t’avoir mêlé à ces histoires internes, mais les choses vont vite changer Ishtasma, tu verras... En attendant, je veux que tu retourne vivre chez ta Grande Sœur.
- Je ne veux pas ! S’exclama Edelweiss d’un ton coléreux.
- Vous obéirez à l’empereur sans broncher, petite sotte. Lança avec mépris Trixie qui avait observé la réaction de la jeune fille depuis tout à l’heure.
- Va maintenant, Ishtasma, tu es pardonnée de tes erreurs... dit Hédopian en jetant un lourd regard à la reine mère.
Quand Edelweiss fut hors de la pièce, Trixie se leva à son tour en disant à son fils.
- Tu es bien charitable avec cette petite insolente. Si cela ne tenait qu’à moi...
Elle s’approcha de la fenêtre et regarda la jeune fille marchait le long des jardins.
- J’ai bien vu qu’elle a tout pour vous déplaire, Vénérable mère, répondit Hédopian en souriant.
- Je sais bien qu’elle est l’élément central de ta prédiction (tant soit peu qu’elle soit vraie) mais tu es trop impatient et tu ne veux rien entendre. Elle cumule les fautes, heureusement que j’ai eu la bonne idée de vérifié sa virginité...
- Vous avez fais ça ! Sans me prévenir ! S’écria Hédopian en colère.
- C’est une décision qui ne concerne pas un homme, tu n’avais pas à être prévenu, répliqua Trixie calmement. Mon intuition me dit que tu fais fausse route avec cette fille, Hédopian. Elle est indisciplinée, coléreuse, et impulsive. Je te préviens tout de suite, à la moindre erreur de sa part, je l’a fais disparaître par mes Muets.
L’empereur resta silencieux. Il savait que la reine mère était intransigeante sur le respect des lois du Harem.
- Mère...
- Oui ?
- Ce qui doit se passer arrivera avant le début de la moisson. Soupira l’empereur.
- Bien, Hédopian.
Quand la reine mère quitta à son tour le palais des Songes, l’empereur sortit se détendre dans sa salle de musique où ses dix musiciens jouaient tout exprès pour lui ses airs préférés, comme une boîte à musique parfaitement réglée. Il lui restait exactement quarante-huit minutes devant lui avant le conseil des ministres du début d’après-midi et il en profita pour manger un peu, puisqu’il n’était pas d’usage que le prince divin s’alimente en public car il était un dieu et par conséquent ne devait pas éprouver le besoin de se nourrir. En avalant par poignée une grappe de raisin, il repensa à cette prédiction...
C’était il y a quatre ans maintenant. Un vieil oracle lui avait annonçé que ses reins étaient infertiles et qu’il laissera le trône sans héritier. C’était lors d’une fête, et Hédopian un peu éméché avait ricané du vieil homme en lui disant qu’il était l’empereur et qu’il se moquait pas mal de ses fabulations. L’oracle le toisa avec hauteur et se fut la première fois de sa vie que quelqu’un osa le regarder de cette manière. « J’ignore si vous êtes véritablement d’essence divine mais l’humilité est une qualité que vous avez omise » Lui avait dit le vieil homme. Hédopian avait éclaté de rire avant d’ajouter «pour m’avoir parlé sur ce ton, tu seras pendu à l’aube mais comme tu m’as l’air bavard je te permets de me prédire quelque chose d’heureux ». Alors comme pris de transe, le vieil homme se mit à réciter plusieurs fois de suite une sorte de prophétie qui racontait que la dynastie vacillait mais qu’un prince divin s’unira à une princesse barbare afin de faire naître l’héritier qui serait destiner à sauver l’Empire décadent. Hédopian n’y avait absolument pas crut, ne voyant là que la sénilité d’un vieux fou mais par précaution il fit pendre le pauvre homme.
S’il ne fut pas inquiété les premiers temps, il déchanta rapidement. Alors qu’il avait de nombreuses maîtresses, une malédiction s’acharnait à ne lui donner que des filles. Pas un seul mâle ne naissait pour assumer la continuation de la lignée. De plus en plus désespéré au fur et à mesure que le nombre de filles augmentait, il finit par atteindre un stade de désespoir à treize filles. Il se souvint de la prédiction et immédiatement il comprit qu’il devait absolument trouver cette princesse barbare qui lui donnerait ce fils tant attendu. C’est alors qu’il apprit que la veuve de l’ambassadeur d’un pays aux confins du monde civilisé avait franchit les frontières de son empire. Quand il l’a vu il l’a trouva charmante bien qu’elle soutenait être d’un âge avancé (mais peu importait la prédiction ne disait pas si la princesse serait jeune ou pas !). Mais cette femme mourut brusquement. Il pensait s’être trompé lorsqu’il repensa que cette veuve avait laissé derrière elle une petite fille. Quand il en parla à l’un de ses proches, celui-ci lui répondit choqué :
- Vous n’y pensé pas Majesté ! Ce n’est qu’une enfant !
- Et alors ? Elle grandira.
Alors qu’il avait observé cette petite fille croître comme une belle plante. Il fut peu à peu prit d’un sentiment de remords. Peut être faisait-il fausse route comme le soutenait sa mère ? Et n’était-il pas hypocrite vis à vis d’Ishtasma ? Il lui conseillait de se méfier de sa demi-sœur Onève mais dans un même temps il ne se gênait pas pour bientôt faire croire à son esprit candide qu’il était fou amoureux d’elle alors qu’il n’avait jamais rien ressentit d’autre envers elle qu’une amitié sans profondeur. Mais il se rassurait en se disant qu’il faisait cela pour raison d’Etat et que de toute manière un empereur n’avait pas d’ami, seulement des sujets qui lui devaient obéissance.
Bercé par ses convictions qu’il jugeait juste, Hédopian se rendit l’esprit tranquille au conseil des ministres.


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