Comme ça faisait longtemps que je n'avais pas écris d'article (désolé désolé) je me rattrape en vous parlant d'une artiste assez peu connue en Europe. Ses principaux tubes sont des chansons tel que Stuck ou encore More to life.

En ce qui me concerne, je l'ai connu en écoutant les chaînes musicales allemandes (oui je n'ai que ça à faire lol) la chanson more to life passait en boucle ! De plus j'avais une de mes amies qui en était carrément fan à l'époque et m'avait fait écouter la chanson Strong enough... et là ça a été le déclic !

Son style musicale, je le définirais comme de la pop un peu R&B selon les morceaux, vous voyez? Pas e la pop sucrée commerciale et indigeste, Nan !  Juste de la musique bien rythmé et dynamique qui met vraiment de bonne humeur et reste authentique. Le style d'album que l'on a envie d'écouter dans son mp3 en farnientant sur la plage ^^.

Elle n'a pas un timbre de voix spécialement originale, c'est loin d'être un grain de voix comme Amy Winehouse ou encore Duffy qui est reconnaissable immédiatement. Beaucoup diront qu'on peut en trouver de milliers d'autres jeunes filles chantant de la même façon mais pourtant il faut reconnaître qu'elle a une parfaite maîtrise technique de sa voix, beaucoup de vocalises rapides mais subtile sans lourdeur et donne des émotions uniques.

Son seul défaut (si on peut appeler ça un défaut) c'est qu'elle est vraiment très discrète sur la scène musicale. D'ailleurs actuellement elle a quitté sa maison de disque.

Autre point caractéristique chez elle, elle est chrétienne et très croyance et cette croyance se reflète dans sa musique. Par exemple son premier album Genuine est entièrement inspiré par ses convictions religieuses. Personnellement je m'en fiche un peu de ça, vu que je ne prète pas trop attention aux paroles de ses chansons.



Donc voilà,  Stacie Orrico c'est de la musique simple et efficace qui ne se prend pas trop la tête. Et comme elle le dit elle même lorsqu'elle parlait de son dernier album Beautiful Awakening  "Je voulais faire un album que vous pourriez mettre en vous asseyant dans votre chambre après une longue journée"

En fait je préfère les ballades chez elle donc la première est Dear Friend extraite de son premier album



L'un de ses singles connu Hesitation de l'album éponyme Stacie Orrico.



Pour finir sa dernière chanson I'm not missing you de l'album Beautiful awakening



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Note : J'avais envie de terminer ce chapitre assez long voilà pourquoi il y a quatre publications d'un coup (c'est pas plus mal). A la semaine prochaine pour la suite.

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Migraines


Un jour, alors qu’ils étaient tous deux concentrés sur leurs œuvres d’art, Sokusaï lâcha subitement son pinceau qui s’écrasa sur un magnifique rouleau de calligraphie qu’il avait passé presque cinq heures entières à réaliser. Surprise de son comportement inattendu, Edelweiss regarda avec un pincement au cœur ce beau parchemin à présent irrécupérable.

-         Je crois que vous n’avez plus qu’à recommencer, dit-elle moqueuse. C’est quand même dommage de tout gâcher juste à cause d’une faute d’inattention...

En regardant Sokusaï à ce moment, elle ne put qu’être tendue. Celui-ci s’était complètement figé, ses yeux totalement vides fixaient le néant.

-         Êtes-vous sûr d’aller bien Prince Sokusaï ?

Au moment ou elle posa sa question, la vie sembla revenir dans son regard.

-         Il faut que je vous quitte Mademoiselle Aadalvaïss, dit-il en se levant fébrilement.

-         Mais vous êtes en train oubliez vos pinceaux ! Lança en vain Edelweiss au prince qui avait déjà descendu la moitié de la colline.

«  Il ne m’entend même pas ! Je me demande bien ce qui à pu lui traverser l’esprit ? » Songea Edelweiss en suivant du regard le prince s’enfoncer dans un sentier du bois.

Sokusaï avança à grand pas, il savait qu’il ne lui fallait en général pas plus de cinq minutes pour rejoindre les bords du lac à sa demeure qu’il avait nommé le Palais à l’Envers. Mais aujourd’hui cette distance lui semblait incroyablement longue en parti dû  à cette migraine terrible qui l’avait subitement pris en étau alors qu’il était tranquillement en train de peindre. Maintenant qu’il était dans l’obscurité des sous-bois, il sentait que son mal de tête disparaissait doucement, mais il ne ralentit pas sa marche pour autant. Comme des vagues successives, il savait que cela reviendrait bientôt plus fort encore que la précédente jusqu’à le terrasser... Lorsqu’il poussa enfin la porte de sa splendide villa, ce fut Mishram qu’il trouva dans un de ses salons.

-         Alors ? Tu l’as encore vu ? S’exclama t-il en bondissant sur lui.

-         Qui ?

-         Et bien cette fille !

-         Oui...

Mishram resta pendu à ses lèvres, attendant la fin d’un récit qui n’arrivait pas.

-         Eh bien ! Que s’est-il passé ? Que t’a t-elle dit ? S’écria Mishram qui avait de plus en plus de mal à contenir son impatience.

-         Elle ne m’a rien dit de particulier.

-         Tu ne vas tout de même pas me faire croire que depuis un mois, vous ne faites que rester côte à côte à peindre sans vous adresser la parole !

-         Pourquoi ? Ca t’étonnerai si c’était vrai, répondit le prince en souriant.

-         Allons Sokusaï ! Tu me caches quelque chose... peut-être que tu n’as pas envie de me parler de ta nouvelle conquête, c’est ton droit et je le respecte mais quand le moment sera opportun j’aimerais bien être le premier au courant de vos fiançailles...

-         Tu t’inventes des histoires, dit le prince amusé par l’imagination débordante de son musicien.

-         Quand même... Soupira Mishram qui ne tenait décidément plus en place et qui s’amusait à jongler avec un vase. Tu mentirais si tu disais qu’elle n’était pas belle. On est bien d’accords qu’elle a quelque chose de spécial cette femme-enfant. Allez ! Sois franc, dis-moi qu’elle te plaît !

-         Sincèrement ? Non. Ce n’est qu’une enfant capricieuse et indisciplinée.

Mishram resta abasourdi par tant de froideur de la part du prince. Il y avait des jours comme ça où il était indifférent à tout. La Terre entière pourrait s’embraser dans un grand feu incandescent qu’il n’en aurait rien à faire.

-         Tu vas bien ? Tu es tout pâle Sokusaï.

L’étau autour de ses tempes venait tout juste de revenir, plus lancinant que tout à l’heure.

-         Je... Je vais prendre un...un bain...la chaleur...je vais...me rafraîchir...

Sokusaï se rendit compte qu’il avait de beaucoup de mal à organiser sa pensée, aligné des mots devenait de plus en plus ardu...

-         Ça te reprend ? Demanda inquiet Mishram. Tu veux que j’appelle quelqu’un ?

Sokusaï ne l’écouta pas, et lui claqua la porte au nez. Mishram soupira. Il n’y avait plus grand chose à faire. Quand ça revenait, il n’y avait plus qu’à attendre que ça passe comme une tempête déchaînée en pleine mer. Voilà maintenant trois ans, qu’il fréquentait cette maison et il commençait un peu à cerner le comportement du propriétaire. Sa migraine était l’annonce du pire et il valait mieux ne pas intervenir plutôt que l’affronter.

La première fois que Mishram était venu ici, il était resté stupéfait par cette maison étrange, le bien nommé palais à l’Envers. Cette grande demeure n’avait rien de traditionnelle au contraire elle s’en éloignait volontairement. Mais ce qui avait plu immédiatement à l’obscur fils du maître Bashibana, s’était cette ambiance libre qui y régnait. Lorsque le prince organisait des fêtes chez lui, il ne se souciait pas de l’encombrante et lourde étiquette impériale. Et il savait s’entourer d’une brillante cour d’artistes venus de toutes les castes. Ecrivains, poètes, philosophes, astrologues, mathématiciens, alchimistes, musiciens, architectes, sculpteurs, peintres ect... Tous ces génies intellectuels étaient attirés par Moon Sokusaï comme par un pôle attractif. Et Mishram n’échappa pas à la règle.

Depuis qu’il l’avait rencontré (ou plutôt percuter !) sur la place Rouge de la Cité, sa vie avait littéralement pris un tournant décisive. Après avoir prouvé ses talents de compositeur et de musicien lors d’une de ses fêtes, Sokusaï avait décidé de devenir son mécène. Ainsi avec l’argent qu’il gagnait, Mishram claqua un beau jour la porte de la maison paternelle et parti s’installer dans une petite maison de campagne à moins d’une demi-heure du palais à l’Envers. Sur les conseils de Sokusaï, il s’était marié, pour lui faire plaisir, avec une fille bien dotée, mais son mariage ne l’empêcha pas de continuer sa vie aux mœurs libérées qu’il avait toujours eues. Il avait trouvé en son mécène, l’unique personne qui ne s’offensait pas de ses excentricités et qui valorisait son travail. Lorsqu’il écrivait avec lui, leurs deux esprits s’harmonisaient parfaitement et pensaient sur la même longueur d’onde, à tel point qu’ils étaient capables de travailler ensemble plusieurs jours d’affilés sans manger ni sentir la moindre fatigue. Mishram avait prit l’habitude de passer plus de temps au palais à l’Envers que chez lui et considérait presque la maison de Sokusaï comme la sienne.

 

 

Après le départ précipité du prince, Edelweiss rentra chez elle à son tour, plus tôt que prévu. Mais qu’elle ne fut sa surprise quand elle découvrit que toutes les entrées de la maison avaient été fermées ! Pire, la villa semblait déserte, les occupants s’en étaient allés. Elle refit deux trois fois le tour du domaine, désespérée... Ils ne pouvaient pas être tous rentrée à la Cité sans elle !

Elle s’assit à même le sol et prit sa tête dans ses mains. Qu’allait-elle faire à présent ? Elle n’avait aucune idée de la route à prendre pour rejoindre la Cité et même si elle la trouvait, il était certain qu’ils ne la laisseraient pas entrer aussi facilement. Elle tourna et retourna cette situation dans tous les sens, lorsqu’elle sentit un souffle chaud sur sa nuque, en se retournant elle découvrit Feux Joyeux. Elle fixa un moment son cheval avant qu’une autre idée lui vint en tête.

-         Merci Feux Joyeux, ton idée est vraiment géniale ! Dit-elle  convaincu que c’était bien l’animal qui lui avait soufflé l’idée par l’esprit.

Elle remonta sur sa monture et sortit de la demeure par l’entrée principale. Si Onève était partis ce matin, peu après Edelweiss, elle ne devait donc pas être si loin compte tenu des nombreux convois que transporte la Grande Imane. Et puis les traces de sabots sur le sol étaient encore visibles, elle se dépêcha, peut-être parviendrait-elle à les rattraper en peu de temps...

Peu de temps après, elle aperçut le convoi dans un nuage de poussière. À peine fut-elle vu, que cinq eunuques se ruèrent sur elle et la pris par les bras sans ménagement. Puis Onève passa la tête à travers la courtine de son palanquin.

-         Mais que ce passe t-il donc ici ? Pourquoi avons-nous ralentis ?

-         Nous avons retrouvé votre kamkamsatti, Ô magnifique Imane ! S’exclama l’un des eunuques.

Onève se pencha un peu plus à sa fenêtre et aperçut Edelweiss encore en prise avec les gardiens du Harem. Cette dernière aperçut le mécontentement dans le regard de sa Grande Sœur.

-         Où étais-tu donc passé ? Voilà des heures que je suis morte d’inquiétude !

Edelweiss lui lança un regard suppliant.

- Tu ne veux rien me dire ? Soit, tant pis pour toi, tu devras t’expliquer une fois arrivée au Harem.

Bien sûr qu’elle savait où elle était ! Onève avait fermé les yeux sur toutes ses escapades, elle les avait presque encouragés, lui disant qu’il fallait qu’elle sorte un peu avant de retourner à la Cité. Pourquoi maintenant jouait-elle à celle qui n’était au courant de rien ? Et pourquoi était-elle partie si brusquement sachant pertinemment qu’elle était encore dehors ? Ses questions restant sans réponse, Edelweiss monta dans un des palanquins sous les regards méfiants des autres dames de la suite de l’Imane et ceux furieux des eunuques.


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Escapades


Les jours se suivent et se ressemblent dit-on. Pour certain cela n’est rien de plus que la monotonie de la vie quotidienne. Pour d’autre, cette vie rangée sans surprise et sans risque est une vraie torture.

Deux jours après sa première escapade, Edelweiss en fit une seconde, suivit d’une troisième et d’une quatrième... elle finit par sortir au moins deux ou trois fois par semaine à des horaires irréguliers pour éviter la surveillance des eunuques ou encore d’autres femmes de la maison. S’échapper de cette manière sachant qu’elle risquait à tout moment d’être prise sur le faite ou dénoncer avait un petit quelque chose d’excitant. Qu’avait-elle de mieux à faire de toute façon ? Les journées traînées en longueur et l’armée impériale ne donnait aucune nouvelle du front. A chaque fois, elle se rendait au lac de la Contemplation suivant des itinéraires différents. Depuis la première fois qu’elle avait découvert ces lieux, elle ne rencontra plus le prince Sokusaï. Peut-être avait-il finit sa toile ? Allait-il en entamer une autre ? Et soudain elle se disait qu’elle n’en avait rien à faire et que peu importait s’il était là ou pas. Un jour pourtant elle se dit qu’elle aimerait bien peindre à son tour les jolis rivages du lac. Sans plus attendre, elle emporta dans une boîte son matériel à peindre, des gâteaux secs et de l’eau, le scella sur le dos de Feu Joyeux et parti en direction du lac.

Lorsqu’elle arriva à l’endroit exact ou elle avait rencontrer le prince et son musicien, elle déballa son matériel et quelque instant plus tard s’assit en tailleur et posa la toile sur ses genoux. Cette dernière étant trop grande pour elle, elle choisit de la placer à même l’herbe et de se mettre à l’aise en s’allongeant sur le ventre. Elle prit une mine graphite et commença son croquis. Elle commença par dessiner au second plan le bois des géants qui s’étaler sur sa droite, sur sa gauche elle imagina une lointaine chaîne de montagnes à la place de l’infini étendu d’eau. Quand elle eut terminait, elle observa sa toile d’un œil critique. Certes cela n’avait absolument rien à voir avec la manière de peindre du prince, mais enfin cela avait tout de même son charme. Toutefois, plus elle regardait son croquis, plus elle le trouvait vide. Le trois-quarts de la toile devrait être peint en bleu pour représenter le lac avec à peine quelque pointe de vert pour les arbres et du marron couleur sable pour la montagne. Elle décida alors de placer au premier plan un chevalier sur sa monture. Mieux ! Elle allait dessiner l’empereur à cheval. Si Hédopian revenait vainqueur, il en serait sûrement ravi.

-         Dis-moi Feu Joyeux, tu veux bien être mon modèle ? Demanda t-elle à son cheval.

Pour l’empereur, pensa t-elle, il suffira de faire appelle à sa mémoire. Après avoir rapidement esquissé les courbes de Feu Joyeux, Edelweiss s’attaqua à son cavalier. Elle se rendit compte que c’était moins évidant qu’elle se l’imaginait. Quelle taille faisait-il exactement ? Un peu plus de cinq pieds et demi (environ un mètre soixante dix-sept) peut-être plus... Néanmoins, elle eut moins de mal à se souvenir de sa silhouette mince et élancée, presque androgyne ; ses grandes mains fines et élégantes qui n’avait à priori jamais eu à effectuer quelconques travaux manuels ; son visage imberbe parfaitement ovale ; la couleur de sa peau indéterminable, une nuance subtile entre la clarté du beige sablonneux et le sombre du chocolat ; ses grands yeux, immenses ! Cela même qui l’avait frappé en premier chez lui, dont l’iris était couleur noisette presque orangée au centre. Mais avait-il réellement les pommettes aussi  hautes que sur son dessin ? À force de vouloir retrouver le visage de l’empereur, Edelweiss finit par se convaincre qu’il avait les traits si fins qu’un seul coup de crayon mal placé et son portrait basculait vers un visage féminin, qui étrangement ressemblerait légèrement à Onève...

Une ombre vint se placer au-dessus d’elle. « Enfin ! Le soleil s’est décidé à tourner pour me faire de l’ombre, je commençais à collectionner les coups de soleil et mes taches de rousseurs sont aussi noirs que des pépites de chocolat ! » Alors qu’elle avait repris son travail en se demandant avec beaucoup de sérieux s’il était mieux de redessiner la bouche plus près du nez, elle entendit la voix de Sokusaï juste au-dessus de sa tête.

-         Vous ne devriez pas redessiner la bouche si c’est cela qui vous tracasse, mais si je peux me permettre, je vous conseillerais de faire le nez plus grand et plus fin. Vous voyez celui de la reine mère ? Et bien Medra a le même, droit et aquilin.

-         Qui est Medra ? Demanda Edelweiss qui commençait à prendre l’habitude que les gens apparaissent dans son dos.

-         Medra ? Mais c’est l’empereur voyons qui d’autre ? Ah... excusez-moi c’est vrai qu’il a changeait de nom maintenant,  je n’arrive jamais à me souvenir du nouveau...

-         Mais ça fait quatorze ans qu’il a changeait de nom, critiqua la jeune fille en s’asseyant en tailleur. Vous auriez dû vous y faire depuis tout ce temps.

-         Oui c’est vrai, dit-il en souriant. Mais j’ai pris la mauvaise habitude.

-         Et puis d’abords, s’exclama tout à coup Edelweiss. Qu’est-ce qui vous fait croire que je suis en train de dessiner l’empereur ?

-         Je ne sais pas une intuition. Depuis que je vous regarde dessiner, j’ai l’impression de me reconnaître...

Soudain le visage d’Edelweiss s’éclaira. Mais bien sûr ! Pourquoi n’y avait-elle pas songeait plus tôt ! Son modèle vivant était devant elle, le jumeau parfait de l’empereur.

-         Puis-je vous tenir compagnie ? Demanda t-il l’air de rien.

-         Bien évidemment, après tout vous êtes sur vos terres n’est-ce pas ? Répondit-elle en le gratifiant d’un large sourire ironique qui ne se cachait pas de lui signifier l’intérêt qu’elle pourrait tirer de sa ressemblance avec Hédopian.

Il s’assit à son tour en tailleur et se pencha sur le croquis d’Edelweiss.

-         Vous avez un bon coup de main et un style bien à vous. Mais je continue à  maintenir que Medra a le nez beaucoup plus long, un peu comme un bec d’aigle...

-         Vous dîtes n’importe quoi, s’exclama t-elle choquée que l’on puisse critiquer aussi ouvertement l’empereur.

-         Mais c’est la triste vérité. Tous les matins quand je me regarde dans la glace c’est ce que je vois et je suppose que pour lui aussi ça doit être la même chose.

-         Alors vous devez avoir une vue déformée de vous-même. Moi lorsque je le regarde ou que je vous regarde (c’est la même chose de toute manière) Je vois un nez tout à fait normal, certes un peu fort mais pas comme vous me le décrivez.

-         Faîte comme vous voulez, Mademoiselle Aadalvaïss. Tout dépend maintenant si vous tenez à être réaliste ou à le flatter. Mais c’est vrai que si je voulais lui plaire, je laisserais ce nez tel qu’il est.

Agacée, Edelweiss finit par céder et redessina le fameux nez impérial comme il était en réalité. Il fallut en vérité, quatre jours a Edelweiss pour dessiner parfaitement l’empereur, tant le prince Sokusaï se montrait exigent et lui donnant chaques jours des conseils pour améliorer sa technique autant au dessin que plus tard à la peinture. Edelweiss dut reconnaître que ce dernier avait un vrai talent pour cet art. Ce qu’elle mettait trois jours à réaliser, le prince n’y passer pas plus de dix minutes. Elle remarqua également que  tout son génie s’exprimer le mieux dans la calligraphie. Il avait une incroyable dextérité et une grande imagination qui égalait voir dépassait celle du grand maître Pushishan.

Alors que ces fréquentes rencontres auraient dû favoriser le dialogue entre eux, ce fut l’inverse qui se produisit. Aucun des deux ne voulait savoir pour quelle raison l’autre était là ; Sokusaï ne se demanda pas pourquoi cette jeune fille du Harem sortait aussi librement de ces murs et Edelweiss ne se demanda pas non plus ce qui pouvait bien pousser le prince à venir se détendre au bord du lac. Chacun vivait dans sa bulle en partageant ce même recoin perdu de la forêt. Qu’auraient-ils pu se dire ? Tous deux avaient des centres de préoccupation complètement opposés. Avaient-ils des points communs ? À part la peinture, ils n’en avaient aucune idées et pour cela il aurait fallut que l’un des deux décide de se livrer à l’autre, et cela il n’en était pas question. Et même s’ils avaient décidé d’avoir une discussion, il n’y aurait que le mépris et la colère accumulée qui en serait ressortis et cela Sokusaï ne voulait pas le subir tandis qu’Edelweiss répugnait à évoquer ses mauvais souvenirs.


 


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Celui qui n'avait pas changé

Sokusaï n’avait pas changé. Il semblait que le temps n’avait pas d’emprise sur lui. Alors qu’Edelweiss avait perdu son corps d’enfant pour les formes d’une femme, lui avait ce même sourire énigmatique illuminant son visage, son regard étrange et son éternel masque d’impassibilité. Edelweiss fut également surpris d’apprendre que tout cet endroit magnifique appartenait au domaine du prince.

-         J’ai dû mal m’exprimer, reprit Edelweiss. Lorsque je vous ai demandé pourquoi étiez-vous ici, je me demandais pourquoi vous n’étiez pas partis aux fronts comme tous les autres hommes.

-         Les avantages de l’exil que voulez-vous ! Murmura t-il avec ironie. Mais plus sérieusement, qu’est-ce qui vous fait dire que je suis comme tous les autres hommes ?

-         Ne me prenez pas pour une idiote ! Lança Edelweiss quelque peut agacer par cet homme qui s’adressait encore à elle comme à une enfant. Je vis à la cour depuis maintenant presque trois ans et je sais comment est constituée la société safianite. Celle-ci est divisée en quatre grandes castes principales. La caste guerrière des Dariens qui dirigent toute les autres, la caste commerçante dite Jumang, plus bas celle des artisans les Phrénois, et encore après les Aggis la caste paysanne destinée à servir toutes les autres. Vous-même, prince Sokusaï, étant issu de la famille impériale vous êtes un guerrier d’élite et d’ailleurs vous en portez tous les attributs. Vous ne vous séparez presque jamais de votre sabre et puis votre chevelure noire, épaisse et raide a une longueur de plus de trois pieds (environ un mètre de cheveux !) qui devrait normalement être tressé en tant de guerre comme le veut la coutume. Alors après mon petit laïus et au risque de me répéter, je vous demande pourquoi n’êtes vous pas parti défendre votre pays alors que vos camarades et même votre propre frère vont donner leur sang pour l’Empire.

Alors qu’Edelweiss s’attendait à ce qu’il lui réponde que cela n’était pas son affaire(ce qui était tout à fait vrai) il lui répondit de manière inattendue.

-         Il vous manque ?

-         Qui donc ?

-         Mon frère. Je l’ai vu dans vos yeux quand vous m’aviez pris pour lui. C’était très touchant, même si cela ne m’était pas destiné.

-         Ne dite pas n’importe quoi et n’essayez pas de changer de sujet...

-         Medra à beaucoup de chance d’avoir quelqu’un comme vous qui pense à lui avec autant de sincérité...

-         Taisez-vous ! Vous ne savez pas de quoi vous parlez ! S’emporta Edelweiss.

Et soudain elle s’interrompit brutalement. Elle venait tout de même de donner un ordre à un prince impérial. Celui-ci lui répondit avec douceur.

- Même si vous cédez facilement à la colère, (ce qui doit être dû aux caractères bouillonnant de vos deux parents) vous êtes une personne intelligente capable de faire preuve de beaucoup d’esprit. C’est une qualité que vous devriez exploiter à la Cour.

 Puis ses trois doigts délicats se saisirent d’un minuscule pinceau d’ivoire. Edelweiss baissa les yeux, et tomba sur une palette en bois de peinture posée sur l’herbe. Six pinceaux s’étalaient pèle mêle sur le sol. Elle n’avait même pas remarqué que depuis le début il était en train de peindre sur une toile posée sur ses genoux. Il représentait avec une réalité surprenante le reflet brillant du soleil sur l’onde chatoyante. Edelweiss s’étonna elle-même de son propre comportement, elle resta pendant des heures sous la chaleur torride à regarder le travail de Sokusaï, osant à peine respirer de peur de le déconcentrer. Le regarder peindre était comme assister à la très lente éclosion d’une fleur rare qui déploierait petit à petit ses pétales éclatants.

Lorsque le soleil déclina,  il arrêta son ouvrage :

-         Avant que vous ne rentriez j’aimerai vous montrer ceci.

Il lui indiqua le soleil couchant en face d’eux. L’astre était bas sur l’horizon du lac. Il semblait aplati, ses couleurs étaient comme empilées les unes sur les autres, donnant une image morcelée. Le ciel rougissant se reflété sur les nuages rosés qui prenaient au-dessus une couleur bleue tandis que le lac était semblable à un miroir naturel qui multipliait à l’infini le paysage.  C’était un ravissement des yeux ; de tous les couchers de soleils qu’elle avait observés dans sa jeune vie, c’était certainement le plus inoubliable. Il lui expliqua que ce phénomène ne pouvait se produire qu’en fin de journée caniculaire comme celle-ci.

Soudain la dernière lueur du crépuscule disparut sous l’horizon. Il faisait tout à fait sombre. Edelweiss fut surprit par l’obscurité. Mais que penserait Onève ? Elle était sortit sans prévenir depuis déjà plusieurs heures ! Elle s’excusa à la hâte, plantant là le prince impérial est dévala à toute vitesse la pente vers le sous-bois pour retrouver son cheval. Celui-ci dormait paisiblement, lorsqu’il aperçut sa maîtresse il poussa un hennissement joyeux. Ils rentrèrent à la hâte à travers le bois des géants, oui c’est comme ça qu’elle le nommerait désormais, traversèrent la rivière à sens inverse et retrouvèrent enfin la maison de campagne de la première Imane.

Lorsqu’elle arriva, personne ne sembla s’être douter de son absence. Elle ne trouva personne dans les alentours de l’écurie ni même dans les portes arrières de la demeure. Elle entra donc discrètement dans les appartements. Les dames étaient dans la salle des prières encensant l’image de l’empereur accompagné par les psaumes des prêtresses. Elle entendit leurs chants languissants de l’autre côté de la cour et s’engouffra dans sa chambre. Elle se rendit compte qu’elle était trempée de sueur et poussiéreuse. Elle commença par dénouer les lacets de ses sandales montantes, puis essaya avec difficulté de dénouer sa chemise lorsqu’une main se posa sur son épaule et la fit sursauter.

-         Ou étais-tu donc, Ishtasma ? Je t’ai cherché en vain toute la journée.

C’était la voix délicieuse d’Onève. Face à cette femme envoûtante, il était bien difficile de lui mentir, mais il ne fallait pas non plus lui révéler la rencontre inopinée qu’elle avait fait quelque temps plus tôt.

-         J’étais partie me balader un peu...

-         Depuis ce matin ? J’espère que tu n’es pas allé très loin au moins ? Je suis quelqu’un d’assez tolérant mais j’exige tout de même de mes kamkamsattis une conduite irréprochable.

-         Je vous jure, Merveilleuse Imane Onève n’avoir rien fait qui puisse vous causer du tord.

Onève souri avec une douceur qui lui fit songer l’espace d’un instant à un autre sourire...

-         Je vois bien à ta tenue poussiéreuse que tu as dû te balader bien au dehors des limites autorisées par le Harem. Et j’ai bien compris que tu n’étais pas du genre à rester enfermé entre quatre murs. Je fermerai les yeux sur tes escapades, mais si cela vient aux oreilles de la vieille Vénérable, je ne pourrais plus rien pour toi.

-         Oui, Imane Onève.

Puis Edelweiss se déshabilla complètement avant de filer dans la salle des bains. S’il y avait bien quelque chose qu’elle ait adoré tout de suite dans l’Empire c’était bien la salle des bains ! En Calice, il n’était pas de coutume de se baigner une fois par jour, c’était même une abomination pour certains médecins ! On disait que l’eau était mauvaise pour la peau. On se frottait vigoureusement avec des serviettes mouillées et cela suffisaient. Tandis que le bain représentait presque une institution dans l’Empire. On passait dans plusieurs pièces ou l’eau était tantôt froide, tiède, puis brûlante. Des esclaves s’occupaient de vous frictionner le corps entièrement, de vous masser avec des onguents parfumés et de vous épiler soigneusement. On pouvait passer deux à trois heures dans ses bains publiques à discuter avec d’autres femmes de la maison tandis qu’on se laissait aller entre les mains expertes des mamchies.

 

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