Dimanche 18 mai 2008



Il y avait cette chaise style rococo collée contre le rebord de la deuxième fenètre. J'avais beau te dire qu'elle était de mauvais goût, tu riais de mes remarques sans réellement les écouter et t'y asseyait comme tous les vendredis. Là je me souviens de ton visage contre la vitre comtemplant le monde des hommes d'une manière incompréhensible au commun des mortels.
Ce visage serein, comme celui du Boudha, les sourcils à peine froncés par la puissance des rayons solaires. Tu pouvais rester des heures dans cette position et moi des heures à t'observer...fascinée.

La chambre est vide à présent. Les meubles, la bibliothèque à gauche avec ces vieux livres empilés défiant les lois de la gravité...
Tout a disparu.

Il n'y a plus que cette odeur étrange de bois moisie, ces trois grandes fenètres belles et lugubres, le claquement sec de mes talons sur le parquet, et mes souvenirs fantômatiques...

Vingt ans maintenant que tu n'es plus.

par Sãmbre Calliopé publié dans : Mes écrits
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