Chapitre 6: Faucon et dragon 2)

Publié le par Sãmbre Calliopé

note de calliopé : beaucoup de dialogue ici, mais ça me sert à introduire des éléments explicatifs, Enjoy ! ^^

vous êtes perdu? Pas panique !
Plan et lien détaillé : ici
début de l'histoire : 
chapitre 1
début 
chapitre 2
début 
chapitre 3
début 
chapitre 4
début chapitre 5


Trois semaines plus tard, une élégante vieille femme entra dans une maison de thé chic dans un quartier bourgeois des faubourgs de la Cité. La maîtresse de maison l’accompagna jusqu’à une pièce discrète éloignée des salons principaux. Un homme y était déjà et sirotait un cocktail.

- Oowatie tu es en avance pour une fois. Remarqua la vieille dame. Il y a du progrès...
- Quand une femme de qualité vous donne rendez-vous dans un endroit aussi discret, être à l’heure est un devoir, répondit le seigneur en souriant. N’est-ce pas Latiouna ?

La mamchowas découvrit sa tête de sa coiffe en satin et s’assit en face d’Oowatie.

- Quand cesseras-tu enfin de me tourner autour ? Je suis trop vieille pour ces bêtises, attaques-toi plutôt à de jeunes demoiselles écervelées tu     auras peut-être davantage de succès.
- Ooh ! Tu es bien agressive aujourd’hui, alors que ça fait six mois que l’on ne c’était pas vu. Tu pourrais être plus gentille.
- Etre en dehors des murs de la Cité, ça me rend nerveuse tu devrais le savoir. J’ai passé trop de temps dans le Harem pour pouvoir me sentir à l’aise dans les grands espaces.
- Si tu sors de la Cité contre ton gré, alors cela veux dire que tu as quelque chose à me dire qui serait dangereux à dévoiler dans la ville.
- Oui... tu n’as pas reçu mon message ?
- Si bien sûr, même si la manière par laquelle il m’est parvenu m’a un peu surpris. As-tu si peur de la poste impériale au point de m’envoyer directement une de tes mamchies qui m’a récité ton message par cœur ?
Nous sommes dans une période trouble Oowatie. Soupira Latiouna. Même si la paix règne à l’extérieur, beaucoup de chose change dans la Cité. L’empereur est en train de changer également, en bien ou en mal je ne peux pas encore le dire. Mais son Harem est en agitation, c’est une vraie poudrière qui attend la moindre étincelle pour exploser.
- Oui d’accord mais enfin c’est un peu comme ça tous les jours non ? Quand on enferme ensemble un millier de femmes, il ne faut pas s’attendre à autre chose !

Oowatie rit de ses propres mots, mais Latiouna ne répondit même pas, cela faisait quarante en qu’elle supportait son humour. Elle se contenta de se racler la gorge.

- Latiouna, tu as l’air vraiment préoccupée ces derniers temps, car habituellement quand tu me vois ou quand tu m’écris la première chose que tu me demandes c’est toujours «comment va Sokusaï ? Se porte t-il bien ? Pourquoi m’écrit-il si peu souvent ? Pourquoi les enfants sont-ils si ingrats ? »
- C’est vrai c’est derniers temps il y a trop de chose qui me préoccupe. Mais je ne l’ai pas oublié pour autant bien au contraire... Oowatie peux-tu me rendre un service ?
- Tout ce que tu voudras Latiouna, tant que tu ne me demandes pas de faire un régime !
Alors écoute très attentivement ce que je vais te dire, tu devras suivre mes instructions à la lettre...


***
- Dame Latiouna, on m’a dit qu’hier vous êtes sorti de la Cité ? Demanda Edelweiss pendant Latiouna l’auscultait. Comment était-ce ? Il y a tellement longtemps que je ne suis pas allé à l’extérieur je ne suis...
- C’est sale. Résuma Latiouna. Les rues sont remplies d’immondices, les gens vivent avec leurs animaux et puent le crottin. C’est loin d’être un tableau bucolique.
- Oh... répondit Edelweiss un peu déçue de ce manque de poésie.
- Dites-moi Edelweiss, êtes-vous au courant des derniers événements ces derniers temps ?
- Euh... non pas vraiment je ne quitte plus la chambre en ce moment c’est trop épuisant. Pourquoi me dîtes vous ça ? Il s’est passé quelque chose d’important ?
- Vous n’avez pas entendu parler de la rencontre entre Aïshna et la Reine mère ?
- Non...
- C’est étonnant ? Pourtant l’histoire a fait grand bruit. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis quelques semaines la noble Imane Aïshna à prit de plus en plus de liberté au Harem, elle ne cesse de la provoquer le Faucon et elle prend parfois l’initiative de prendre des décisions quand la reine mère n’est pas au harem. Au début tout le monde était déconcerté par l’absence de réaction de Trixie. Moi je ne l’étais pas. Je connais bien cette femme, elle n’agit pas sous impulsivité mais il était évidant qu’elle devait remettre à sa place Aïshna.
- Alors que s’est t-il passé ?
- Et bien c’est la reine mère qui s’est fait remettre à sa place.
- Comment ! S’exclama abasourdi Edelweiss comme si cette idée était complètement absurde.
- Mais le plus extraordinaire c’est qu’elle s’est fait remettre à sa place par l’empereur lui-même.
« Aïshna s’est fait convoquer en bonne et due forme au Palais des Poissons d’Or Volants, le Faucon lui a fait une grande leçon de morale qui a duré plus d’une heure au cours de laquelle elle l’a froidement réprimandé au sujet de son comportement, du manque de respect qu’elle avait montré envers les autorités du harem, et pour finir du peu de reconnaissance envers la Cité qui avait eu la bonté d’accueillir une misérable princesse barbare sans éducation. Enfin pour abjurer ses fautes, Aïshna a été soumise à la «Repentance », c’est à dire qu’elle a reçu vingt coups de fouet donné par un eunuque devant la reine mère qui a assisté à la scène, impassible. Vous savez la peau d’une femme est très sensible et au bout de cinq coups donné par des eunuques sans états d’âme, le sang se met déjà à couler. Vingt coups de fouets... c’est beaucoup... Mais le plus effrayant c’est que l’on raconte que l’Imane n’a pas laisser échapper un seul gémissement, elle a tant serrer les dents qu’elle s’est mordue la langue jusqu’au sang. A ce moment, beaucoup ont cru que s’en était finit de la princesse noire mais cette mésaventure à eu l’effet inverse de celui désirer. Tout d’abords parce que l’empereur est entré dans une colère noire lorsqu’il a finit par découvrir les blessures dans le dos de sa favorite, il a profité d’une entrevue publique avec sa mère pour lui en faire la remontrance. Imaginez-vous la puissante reine mère se faire remettre à l’ordre devant toute la cour !
Je ne pensais pas qu’Hédopian était tant attaché à Imane Aïshna, dit Edelweiss. Qu’a t-il dit exactement  à la reine mère?
D’après ce que l’on m’a raconté, il lui a dit d’une voix très calme qu’il respectait le travail qu’elle avait donné durant de nombreuse année mais qu’il ne pouvait tolérer l’abus d’autorité. Trixie s’est montrée très mesquine, elle a d’abords fait semblant ne pas savoir de quoi il parlait puis elle a finit par reconnaître avoir punit Aïshna et qu’elle n’y voyait pas d’abus d’autorité que c’était une procédure normale appliquée à toutes celles qui ne respectaient pas les institutions et que la favorite du moment n’avait pas à s’y soustraire. « Avez-vous des preuves ? » Lui a t-il soudainement lancé. « Avez-vous des preuves concrètes que la seconde Imane s’est montrée, sous vos yeux, incorrecte envers vous ? ». Evidemment la reine mère n’avait pas de preuve. Aïshna avait été punis d’après des témoignages rapportés qui différent les un des autres et parfois se contredisaient. Comme la reine mère restait muette, l’empereur a simplement clôt la discussion de cette manière  «je vous pardonne pour cette fois cette erreur mais que cela ne se reproduise plus où je serais dans l’obligeance de prendre les mesures nécessaires... »

- Je ne savais pas qu’Hédopian pouvait se montrer aussi dur avec sa propre mère... Dit Edelweiss
- Il ne fait que reproduire l’éducation qu’elle lui elle-même enseignée. Et je pense que le problème est plus profond qu’il en a l’air. Je crois également que l’affaire de la favorite n’était qu’un prétexte pour l’empereur pour faire passer un message clair à sa mère. Hédopian à  maintenant vingt et un ans et il est possible qu’il aspire à prendre davantage le contrôle de son règne. Certains disent que le changement s’est produit depuis le départ de son grand favoris Caranage, départ qu’il n’aurait jamais pardonné à sa mère enfin peu importe... Tout le monde à remarquer qu’il était devenu plus assidu dans son travail, qu’il lui arrivait de veiller tard le soir pour étudier tous ses rapports (choses qu’il n’avait jamais faîte jusqu’à présent !) Et aussi dit-on, il assisterait avec plus régularité aux conseils des ministres. Peut-être à t-il pris pleinement conscience de son rôle de souverain, comme l’espère depuis longtemps Trixie. Mais, contrairement au plan du Faucon, Hédopian semble vouloir prendre seul son envol. Il sait que pour cela il n’a pas d’autre solution que de contraindre sa mère à s’écarter des affaires politiques, et c’est une tâche presque irréalisable à l’heure actuelle. Imaginez une seconde leurs armées reçoivent deux ordres contradictoires de la part de la reine et l’autre de l’empereur, il est fort probable que les grands généraux accorderaient plus de crédit à la missive de la reine mère. Cette incroyable situation s’explique par le fait que le Faucon est le véritable détenteur du pouvoir exécutif depuis maintenant plus de quinze ans... non que dis-je ! Depuis vingt-cinq ans ! Elle agissait déjà dans l’ombre pendant les dix dernières années de règne de l’Empereur Jyotipradesh. Elle n’est pas du tout du genre à prendre brusquement sa retraite, la preuve en est qu’elle ne sait pas du tout retirer après la fin de sa régence à la majorité d’Hédopian. La reine mère aime le pouvoir, c’est incontestable !
- C’est effrayant ce que vous dîtes, dame Latiouna !
- Très chère Imane, vous devez savoir que si Trixie avait trouvé le moyen de se faire elle-même couronner Empereur elle l’aurait déjà fait.
- Vous semblez bien connaître la reine mère, remarqua Edelweiss.
- Avant d’être la nourrice de ses enfants, j’ai autrefois été l’une de ses rares confidentes... c’était à une époque lointaine où elle n’était encore qu’une esclave...
- Une esclave ! S’exclama Edelweiss. Mais j’ai toujours cru qu’elle était une ancienne princesse... comme Imane Aïshna !
- Ne parlez donc pas si fort ! Vous voulez aussi subir la «Repentance » ? C’est un sujet tabou ici, peu de gens le sachent car la reine mère a tout  effacé de son passé de telle sorte qu’on ignore de qu’elle région elle est originaire. Ne cherchez pas dans sa biographie officielle il n’y a aucune mention.

Edelweiss avait déjà lu la biographie en question et maintenant qu’elle s’en rappeler, elle avait remarqué qu’il n’y avait ni date ni lieu de naissance, assez atypique dans une biographie.

- Imane Aïshna ? Puisque vous en parlez... réfléchit Latiouna. Elle semble plus intelligente et plus impitoyable qu’elle ne le laisse croire. Elle est une adversaire sérieuse pour Trixie car elle est faite de la même trempe.
Latiouna fit une moue songeuse. Apparemment, Aïshna était pour elle un réel sujet d’inquiétude.
- Imane Ishtasma n’avez-vous pas remarquer que votre entourage c’est peu à peu modifié durant ces derniers mois ?
- Si mais...
- A part moi et deux autres mamchies en qui j’ai une entière confiance, poursuivit Latiouna. Toutes vos servantes sont toutes originaires de l’Est. Au début cela ne m’avait pas vraiment choqué puisque les servantes attachées à la maison d’une Imane changent assez régulièrement, mais cela s’est produit chez toutes les autres Imanes également et cela dans la même période où Aïshna est devenue la grande favorite de l’empereur.
- Vous pensez donc que je suis surveillée, dit Edelweiss d’une voix grave. Croyez-vous que l’empereur est au courant de cela ?
- Sa Majesté n’a pas le temps de s’attacher à des détails aussi insignifiant qu’un changement d’esclaves, les hautes affaires de l’état sont ses uniques préoccupations.
- Mais pourquoi la seconde Imane surveille toutes les autres de cette manière ? Que recherche t-elle ?
- N’avez-vous pas compris depuis le temps que vous êtes une menace permanente pour elle ? Vous portez sans doute en vous le prochain empereur, vous avez la possibilité de devenir la prochaine Reine mère ! C’est un enjeu immense que tout le monde désir.
- Mais... Moi je me fiche d’être reine mère ! Je me fiche de tous ses complots sordides pour le pouvoir ! Eclata Edelweiss.
- Pouvez-vous me jurer, Noble Imane, lui dit la vieille femme d’une voix étonnement douce, que vous n’avez aucune prétention au pouvoir Impérial ?
- Je vous le jure, aucune... ce monde-là me dégoûte de jour en jour. J’ai beau y être depuis plus de plus de cinq ans, je ne m’y suis jamais senti complètement à ma place, bien que je sache que je vais probablement y passer le restant de ma vie... Mais j’enrage à l’idée de penser que mon enfant sera contraint de grandir dans cet environnement !

Latiouna fixa un moment Edelweiss avec douceur. « Cette fille, songea t-elle, n’est pas faîte pour le harem. Le destin à mal tiré ces cartes cette fois-ci. »

- Noble Ishtasma... J’ai des choses très durs à vous dire. En l’état actuel des choses, Aïshna a le contrôle total de votre maison. Vous dépendez de ses serviteurs qui sont près à exécuter le moindre de ses ordres. Et ceux qui vous entourent seront les même qui assisteront votre accouchement le moment venu. Je ne pense pas qu’ils feront quoique se soit pour tuer l’enfant car cet événement est trop attendu par tout le monde.
- Vous savez, dame Latiouna, lui dit Edelweiss en souriant. Je ne suis pas de nature à rester en place en général, mais comme je n’en ai pas eu le choix ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de cogiter sur beaucoup de chose et aussi sur ma situation. Mon destin se joue un peu sur le sexe de cet enfant. Si c’est une fille, je serais méprisée et presque considéré comme une traîtresse, je me doute aussi qu’Hédopian ne me le pardonnera pas. Il m’a confié, il y a longtemps, que des aristocrates disent de lui lorsqu’il a le dos tourné qu’un souverain incapable d’assurer sa descendance est indigne de diriger un état. Les gens sont un peu stupide n’est-ce pas ? Ils croient que nous les femmes sommes capables de décider du sexe d’un enfant. Je ne perdrais peut être pas tous mes privilèges mais je passerais définitivement dans l’ombre. En revanche si c’est un garçon... Je soulagerais tous ceux qui s’inquiètent de la survie de la lignée, je supprimerais les angoisses d’Hédopian et aussi je déchaînerais la haine des autres, il n’y  a pas de doute.
- Dame Ishtasma, je trouve que vous avez beaucoup mûrie, mais la vérité est encore plus atroce. Si cet enfant est un garçon, il ne dépassera pas son premier anniversaire.

À cette nouvelle, Edelweiss n’exprima aucune réaction, seul son teint avait légèrement pâlit.

- Votre enfant sera nourri et lavé, soigné par les esclaves d’Aïshna. Ils feront tout pour le faire mourir à petit feu. Vous savez ce n’est pas difficile de faire croire à une mort subite du nourrisson, cela arrive assez souvent pendant la première année de vie, les bébés sont si faibles en venant au monde. Et puis il y a autre chose... Aïshna est enceinte, je l’ai moi-même ausculté ce matin. Vous savez qu’elle est aussi une barbare pour les Dariens, certains prétendent qu’elle est peut-être la véritable princesse de la prédiction.
- Ah oui ? Ca serait amusant alors... répondit Edelweiss en ayant un sourire forcé.

Latiouna le voyait bien et admirait ses efforts pour ne pas paraître effondrée. « Elle a un mental extrêmement fort... mais je n’ai pas encore finit de vous tourmenter, pardonnez-moi Imane Ishtasma... »

- Je vais parler de façon directe. Si c’est une fille, la vie de l’enfant est garantie car elle ne représente aucun intérêt. Toutefois dans le cas inverse... La seule solution que j’ai trouvée pour lui permettre de vivre et de le sortir discrètement du Harem, j’ai beaucoup de relation à l’extérieur...

- Attendez une seconde ! Coupa brusquement Edelweiss qui avait subitement blêmit. Vous êtes en train de me proposer... d’abandonner mon enfant !
- Je ne fais que vous demander votre permission. Vous êtes libre de prendre cette décision ou non.
- Qu’est-ce qui me garantis que mon fils vivra dans de bonne condition à l’extérieur ?
- Ici il mourra sans aucun doute, dehors il aura la possibilité de vivre une vie normale dans une famille aisée de la campagne. Et pour assurer sa propre sécurité, il est évident que ni lui, ni ses parents adoptifs ne connaîtront jamais sa véritable identité pour sa propre protection.
- Comment... comment... serez-vous capable de faire disparaître un potentiel héritier du trône ? Personne n’a jamais réussi à s’échapper de la Cité, c’est impossible...
- En êtes-vous sûr ? Lui demanda Latiouna avec un étrange sourire. Des gens ont certainement dû réussir à s’en sortir, si l’on ne le sait pas, n’est-ce pas la preuve que leur entreprise a fonctionné ?
- Mais... je... J’ai besoin d’un peu de temps dame Latiouna. Je dois réfléchir à tout ça.
Ne tardez pas trop, car le jour de l’accouchement nous n’aurons pas le temps d’en parler. La roue du Destin se mettra en route sans possibilité de faire machine arrière.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

zarbifalafolle 16/11/2008 21:01

Oh cool, un nouveau passage O_O

moi je l'aime bien, et peu importe s'il y a beaucoup de dialogues, on en apprend beaucoup aussi =) me réjouis de la suite...
je l'apprécie vraiment beaucoup Latiouna, et je suis sûre qu'elle a beaucoup à nous dire encore.

bisous