Chapitre 6 : Faucon et Dragon 3)

Publié le par Sãmbre Calliopé

note calliope : tout d'abords Excellente année à tous, beaucoup me l'on souhaité mais j'étais dans l'impossibilié de répondre. et enfin j'aime ce chapitre parce qu'il annonce le retour de celui que l'on vit plu vu depuis un moment :) J'espère que ce nouveau chapitre de l'année 2009 sera un bon cru ^^. Enjoy !

vous êtes perdu? Pas panique !
Plan et lien détaillé : ici
début de l'histoire : 
chapitre 1
début 
chapitre 2
début 
chapitre 3
début 
chapitre 4
début chapitre 5
début chapitre 6




- J’ai fait un grand rêve murmura Nicéphocle à l’oreille d’Adgar. J’ai fait le rêve d’un monde où régnait une paix harmonieuse...

La nuit était glaciale, comme souvent dans la Cité après une journée de grande chaleur. Et du haut de la tour astronomique l’air y été encore plus raréfié, aucun humain n’aurait eut l’audace d’y venir à cet instant. C’était donc un endroit idéal pour deux immortelles se laissant aller à la contemplation des cieux.

- Tu me fatigues avec tes visions, Nicéphocle, répondit Adgar avec mauvaise humeur. C’est toujours dit avec le même ton sibyllin et en plus ca ne se réalise jamais.
- Oh je ne te permets pas de dire ça ! Lança Nicéphocle avec malice. N’avais-je pas prédis que l’homme serait la seule créature a dominé le monde ?
-Ah oui ! Parlons en de cette prédiction, entre le jour où tu l’as eu et celle où elle s’est accomplie, il s’est écoulé plus de huit mille millénaires... Et encore heureux  que l’on soit intervenu pour accélérer le processus sinon ces idiots en seraient toujours au stade de l’âge de pierre.
-Ah, mais je n’ai jamais dis que mes visions faisaient effet dans un future proche, lança Nicéphocle en éclatant de rire. Le problème avec toi, très cher frère, c’est que tu es trop impatient et puis tu n’abordes pas l’avenir avec suffisamment de sérénité. La preuve est que tu passes la plus part de ton temps à te balader à travers les époques. Je me demande toujours ce que tu recherches tant dans le passé ?
- Qu’est-ce que ça peut te faire ? Répondit Adgar décidément d’humeur massacrante. Moi au moins je ne perds pas mon temps à attendre que les humains se décident enfin à sortir de leur léthargie.
- Il y avait un temps où toi aussi tu avais de l’espoir en l’humanité, remarqua Nicéphocle d’une voix douce. Tu deviens de plus en plus blasé...

Adgar embrassa du regard les dômes dorés des palais impériaux et plus loin encore les lumières de la ville et ses faubourgs, tremblotantes dans la nuit tels des lucioles éphémères.

- Les humains... on dirait une colonie d’insecte qui se débat dans une flaque de boue. Ils sont tellement noyés dans leur problème insignifiant, qu’ils ne remarquent pas qu’au-dessus de leur tête, tout se décident et tout se joue. Oui c’est un grand jeu auquel ils participent sans même le savoir. Ils ne sont que des pions écervelés et ce n’est même plus drôle de les regarder s’enfoncer tout seuls. Vraiment, les humains sont chiants...

À ces mots Nicéphocle sourit. Il remarqua qu’Adgar adoptait de plus en plus la manière de parler vulgaire des humains. Soudain, une sensation dans l’air attira son attention.

- Qu’est-ce qui t’arrive, mon frère demanda Adgar avec ironie.
Encore une grande prémonition ? La fin du monde peut-être ?
- Oh non pas du tout. C’est juste que la fille dont je t’avais parlé est sur le point d’accoucher. Ca ne te dit pas de venir voir ça ?

Adgar se figea avec un air de dédain.

- Tu crois vraiment que je n’ai que ça à faire que de regarder une humaine mettre bas ? Je ne suis pas encore désespéré au point d’assister à la naissance d’une nouvelle créature de cette espèce.
- Mais ca va être divertissant ! Insista Nicéphocle mais Adgar avait déjà disparu.
- Pas intéressé... résonna sa voix quelque part dans la nuit. Je préfère encore repartir me balader dans le passé. Rappelle-moi qu’en sa Majesté Hédopian aura trépassée et qu’il faudra en choisir un autre.
- Tu vas revenir dans moins de vingt ans je te l’assure. Affirma Nicéphocle d’un ton tranquille.
- Tu es agaçant quant tu fais celui qui sait tout... chuchota la voix d’Adgar qui était déjà loin du présent.

***

Edelweiss ressentit les premières contractions annonciatrices en début d’après midi, en plein milieu de l’été. Plus le soleil déclinait à l’horizon, plus les douleurs étaient rapprochées dans le temps.
Lorsque l’on annonça à l’empereur que la première Imane était sur le point d’accoucher, il approuva d’un signe de tête et retourna à ses activités. Il ne se déplaça pas pour la soutenir, il avait trop peur d’être encore une fois déçues alors il préféra l’ignorer. Il fallut attendre le milieu de la nuit pour avoir la confirmation que l’enfant avait été mis au monde. La nouvelle fut tenue secret d’Etat jusqu’à ce que l’empereur se soit déplacé en personne pour le reconnaître ou non.

Pendant le laps de temps pendant laquelle la nouvelle était partie du Harem pour s’acheminer en toute discrétion vers le Palais des Songes. Edelweiss resta seule allongée dans sa chambre. Elle évita de toutes ses forces de regarder à sa droite où dormait l’enfant, emmailloté dans des linges de soies, qu’elle avait mise au monde dans la souffrance. Elle s’interdisait de le regarder car elle était sur le point d’accomplir une atrocité qui ne méritait pas qu’elle s’attacha à lui.
Elle avait beaucoup réfléchit à la proposition de Latiouna ces dernières semaines. Tout d’abords elle l’avait purement et simplement rejeté, mais plus le temps passé plus elle voyait l’ambiance se dégrader entre le Faucon et Aïshna. Elle voyait la cruauté et la soif de pouvoir sans borne de ces deux rivales qui s’étaient déclarées une guerre ouverte. Alors elle prit peur et se laissa guider par sa lâcheté.
Pendant qu’elle ressassait sa décision, Ida une esclave de Latiouna entra dans la chambre comme une ombre silencieuse. Elle tenait dans ses bras un panier d’osier un peu usé qui servait habituellement à transporter le linge en équilibre sur sa tête.

- Fait ce que tu as à faire... souffla Edelweiss la voix faible.

Ida acquiesça d’un signe de tête et déballa d’un geste rapide son paquet, elle en retira quelque chose enveloppée dans les même draps de soie que ceux de l’enfant, et le posa dans le berceau. Puis elle prit délicatement le nouveau-né dans ses bras et le plaça sans qu’il ne se réveille aux milieux, des draps sales. Alors qu’elle s’était jurée de ne pas le voir, Edelweiss regarda instinctivement l’enfant, il était mate de peau mais ses cheveux étaient  blonds comme les blés... comme ceux de Jeanne de Jourdain.
L’empereur arriva peu après et découvrit Edelweiss en pleurs. Il s’approcha du berceau et découvrit un enfant mort-né. C’était bien un garçon... Sans dire un mot, il fit volte face et laissa sa première Imane seule avec sa honte.

***

C’était une chaude matinée du début de la saison sèche. Le grésillement des grillons emplissait furieusement l’atmosphère. Et la plus part des gens recherchaient l’ombre des arbres. Sokusaï, lui se leva de son bureau et ouvrit grand les volets de sa baie vitrée. L’éclat lumineux du soleil inonda son salon privé. Sokusaï adorait cette sensation d’être enveloppé d’un bain de lumière. Il aimait l’astre solaire.
Lui qui était d’un naturel très concentré, il ne trouvait plus ce matin-là la volonté de retourner à son bureau. Il sortit de la pièce et s’assit en tailleur sur un muret qui juxtaposé un mur fondateur de sa villa. Il voulut s’asseoir en appuyant son dos contre le mur mais le chignon qui retenait ses cheveux le gêna. Comme il était seul, il retira les deux longues baguettes d’ivoire qui les retenaient et  il les laissa retomber sur son épaule droite. Sokusaï s’adonna alors à quelque chose qu’il faisait rarement, à une activité en général pratiquée davantage par les chats de la maison ; l’oisiveté.
 Ses appartements donnaient sur la forêt des séquoias, il n’avait donc pas à faire beaucoup d’effort pour être en contact direct avec la nature. Il ferma ses yeux est laissa son ouïe reconstituer l’environnement à la place de sa vue. Aucun son ne lui échappait, du bruissement discret des battements d’ailes  d’insectes, en passant par le chant du vent entre les arbres et également du moindre chuintement de vêtements de toute personne frôlant les parquets de la maison. Sokusaï jouait avec cette faculté, il parvenait à discerner et disséquer chaque son comme si l’on s’amusait à fragmenter et segmenter tous les fils de couleur d’une  tapisserie géante. Ainsi, il parvenait à faire abstraction des bruits qui ne l’intéressaient pas pour ne garder que ce qui lui semble  harmonieux. Aujourd’hui par exemple, il supprima de son attention tous les bruits en provenance de la villa témoignant de l’activité humaine, pour ne garder que ceux de la forêt. Il aurait pu passer toute l’après-midi dans cette posture jusqu’à ce que...

- Papa ? Papa ! PAPA ! Tu dors ?
 
Il ouvrit les paupières se trouva nez à nez avec une petite fille de cinq ans.

- Non je ne dormais pas. J’avais juste les paupières fermées.

L’enfant s’assit sur les genoux de son père et peu satisfaite de cette explication fronça les sourcils.

- Tu dis que tu ne dormais pas mais depuis tout à l’heure je te tape l’épaule pour que tu te réveilles, tu ne réagissais même pas !
- C’est parce que j’étais très concentré.

La petite fit une moue peu convaincue. Puis elle mit sa petite main en visière devant ses yeux.
- J’ai chaud moi ! Comment fais-tu pour rester ici pendant des heures ? Tu ressembles aux lézards qui dorment en plein soleil.

Sokusaï sourit. Il était toujours surpris par les expressions imagées de sa fille. Il semblait qu’elle avait un vocabulaire plus étendu que les enfants de son âge.

- Que me vaut l’honneur de votre visite ? Demanda Sokusaï d’un ton exagérément obséquieux.
- Oh ! et bien...

Elle prit soudain un air très solennel et s’inclina lentement devant lui. Sokusaï se retint de rire, elle était si sérieuse que s’en était drôle.

- J’ai un cadeau pour toi ! Déclara t-elle avec un grand sourire en lui tendant une petite boîte en bois.
- Qu’est-ce quea s’est ?
- Ouvre, tu verras.


Sokusaï souleva le couvercle, il contempla un bracelet fait de pierres de turquoise.

- Oh ! Tu as fais ça toute seule ?
-Oui, dit-elle avec fierté. Personne ne m’a aidé.
-Mais as-tu trouvé des pierres de turquoise ? Ce sont des pierres très rares.
-C’est un secret ! Dit-elle mystérieusement.

L’enfant prit le bracelet et le mit au poignet de son père. Il était parfaitement à sa taille

- Je crois que je suis le plus chanceux des hommes. Déclara Sokusaï en souriant.

- Papa ? Pourquoi est-ce qu’on ne sort pas aujourd’hui ? Il fait beau, on pourrait aller au lac non ?
- Pas aujourd’hui je te l’ai déjà dit.
- Mais pourquoi ? Articula la gamine la mine renfrognée.
- J’attends un invité très spécial, dit-il d’une voix douce. Ce ne serait pas poli d’être absent.
-Ah bon qui sait ?

Un esclave vint interrompre la discussion entre père et fille et vint signaler au maître de maison qu’un convoi était arrivé.

- Très bien, installez-le en toute discrétion dans mon cabinet. Somma Sokusaï.
- Oui seigneur... répondit l’esclave avant de disparaître.
- L’invité très spécial est là ? Demanda la fillette à son père.

Sokusaï hocha la tête.

- Et si l’on rentrait à l’intérieur pour le recevoir ? Proposa t-il.
- Oh oui ! S’exclama la fillette.

Tout d’eux rentrèrent à l’intérieur du cabinet et Sokusaï prit soin de bien refermer les volets derrière lui.
- Où est-il Papa ?

Sokusaï porta sa fille dans ses bras et s’approcha de son bureau où  l’on avait posé un grossier panier d’osier.

- Oh ! Mais il y a quelque chose qui bouge dedans ! Ca doit être un monstre ! S’écria effrayé l’enfant en se cachant le visage dans le cou de son père.
- Mais non, voyons, lui dit-il en la rassurant. Regarde...

Il souleva les vieux fichus qui recouvrait le panier et lui montra un nouveau-né remuant et sur le point de pleurer.


- Nono, murmura doucement Sokusaï à sa fille. Dis bonjour à ton cousin.
- Mon cousin ?
- Oui, c’est le premier fils de ton oncle Medra.

Nono lâcha les bras de son père et s’approcha du bébé.

- Tu es sûr que c’est l’enfant de mon oncle ? Il ne lui ressemble pas du tout. Il a les cheveux dorés comme de l’or. Peut-être que lui aussi a passé trop de temps à lézarder sous le soleil et ça a décoloré ses cheveux. Tu es certain que ce n’est pas ton fils plutôt ?
- Ah certain, Nono ! Tu es ma fille unique. Et puis c’est amusant que tu me dises ça car on ma raconté que sa mère a insisté pour qu’il soit nommé Hélios. Ca signifie Dieu de la Lumière en cadois, c’est beau n’est-ce pas ?
- Dis, papa ? Il va vivre avec nous maintenant ?
- Non malheureusement... il courrait trop de risque ici. Ce soir, quelqu'un d’autre va venir le chercher pour l'emmener encore plus loin en province. Regarde-le bien, Nono. Grave ce souvenir dans ta mémoire c’est sûrement la dernière fois que tu verras ton cousin...

Et effectivement ce fut la première et la dernière fois que Nono vit son cousin.


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les fleurs du Sultan 04/05/2009 17:35

je viens de vous découvrir , et j'avoue que je suis un peu perdue et bien enchantée.
Les noms de personnages m'ont tantot envoyé au japon , la photo d'en haut me rapelle vers l'inde et les immortels la Grece .
C'est un mélange bien subtile .
pourquoi on rêve tous mortels et immortels d'une paix harmonieuse ?
Cela enlevera à la vie sa voix .
Vous avez imaginé une histoire assez coriace , ou la jalousie , la crainte , l'amour et la haine cohabitent sous le toit d'un palais .
Au début j'etais plongée dans une réfléxion existentielle , se sera bien d'y revenir et de ne pas la laisser en suspens .
à quand la suite ?
Souad .

Sãmbre Calliopé 04/08/2009 22:32


Tant de compliment je vais rougir ^^ !!

Oui c'est un mélange volontaire, je ne voulais pas me réferrais à un monde "connue" je voulais me donner la liberté de créer mon univers tout en gardant des références réelles à qui sait les
reconnaître. Tu m'as bien comprise et j'en suis ravie ^^
Je te remercie d'avoir laissé une trace de ton passage et m'excuse platement d'avoir été silencieuse si longtemps. J'ai besoin d'un peu de temps de réflexion avant de poursuivre cette aventure.

En espéant vous faire rêver encore une fois,
Calliope


zarbifalafolle 20/01/2009 19:45

haha ^^ oui, j'aime bien tartiner :) ça nous arrange bien...

Nan, t'inquiète, c'est bien normal... Tu peux pas tout contrôler... Moi aussi, d'ailleurs, j'ai tendance à oublier certains détails et je suis obligée de corriger certains passages après coup... Même dans les livres publiés, il subsiste des erreurs xD personne n'est parfait. :D

bizzz

zarbifalafolle 19/01/2009 22:39

En fait, je reviens comme ça parce que j'ai pensé tout d'un coup à un truc pendant mon petit déj'... oui, j'avoue que je n'ai vraiment rien d'autre à faire >_<
Nan franchement, j'étais en train de me ressasser quelques phrases de ton passage (ça m'arrive souvent quand je lis des textes... surtout s'ils m'ont plu/marqué xD) et j'ai noté seulement aujourd'hui qu'en réalité, Nono ressemble beaucoup à son père! Elle semble aussi être une enfant très intelligente, précoce et sensible à l'art et aux autres... Je crois que je vais l'aimer tout autant que son père... ^^
Ah oui, et avant que j'oublie, pourquoi elle s'appelle Nono? Je trouve ce nom marrant, mais bon, je n'y ai un regard pas neutre dessus parce qu'il y a un gars de ma classe qu'on appelle ainsi à cause de son nom de famille...
bisous

Sãmbre Calliopé 20/01/2009 10:26


he he, bien vu ! oui tu n'as pas tord Nono c'est un diminutif parce que c'est clair que c'est marrant pour une enfant mais à 50 ans c'est moins fun déjà XD. Alors par
contre j'ai oublié son vrai nom (c'est pas une blague) mais je crois que j'en parle dans les passages suivants...si si je te jure c'est moi qui est écrit l'histoire XD mais j'ai la mémoire d'un
poisson rouge :(

Merci beaucoup d'avoir laissé tes impression ça me fait toujours autant plaisir et je l'ai lis avec attention alors n'éhasite pas à en faire des tartines j'adore lire ^^

biz


zarbifalafolle 18/01/2009 16:53

Ravie de lire la suite de ton roman!
Je suis enchantée par la tournure des événements... et ce que j'ai bien apprécié, c'est la variation du rythme de narration...
Je trouve l'attitude de l'empereur assez révélateur de la lâcheté humaine... et ça résume bien la pensée d'Adgar.

bises