
Ce nom ne vous dit sûrement rien mais cette femme a
été une grande figure de la politique pakistanaise. Elle est décédée à 54 ans, il y a une heure, suite à un attentat qui a fait 16 autres victimes ce
jeudi vers 14h30 à l'issue d'un rassemblement et cela à moins de deux semaines des éléctions législatives. Le kamikaze lui aurait d'abord tiré dessus avant de faire actionner la charge de son
explosif. Mme Bhutto menait campagne contre le président Musharraf mais surtout contre les fondamentalistes musulmans, en promettant d'"éliminer la menace islamiste" du pays. Elle avait déjà
échappé à un autre attentat le 18 octobre qui avait tué 139 personnes.
Pourquoi je vous parle d'elle? juste comme ça. Parce que comme je lis le
Times ces derniers temps et qu'ils font souvent des articles sur la situation instable du Pakistan.
Du coup, je m'étais un peu attachée à ce personnage féminin (ma fibre féministe sans doute) luttant dans la violence d'un monde politique que nous n'imaginons pas. Evidemment je n'ai
aucun parti pris politique, sa mort que j'ai apprise à l'instant ma juste attristé avec une certaine émotion comme si je quittais un amie lointain que l'on
connait à peine... Alors j'ai pensé qu'une petite biographie de sa vie sera un petit hommage.
Benaziz Bhutto est un symbole dans le monde musulman puisqu'elle est la première femme à avoir été chef du gouvernement d'un pays musulman.
Née le 21 juin 1953 dans une famille de riches propriétaires terriens du sud du Pakistan, "Benazir" fut chargée d'assumer le lourd héritage politique de son père, Zulfikar Ali Bhutto. L'ancien
président et Premier ministre avait envoyé sa fille aînée étudier la politique et l'art de gouverner à Oxford et Harvard.
Mais Zulfikar Ali Bhutto fut renversé par un coup d'Etat militaire en 1977 et exécuté. Et sa fille en subit aussi les conséquences: arrêtée à plusieurs reprises pendant le règne du général Zia-ul
Haq, Benazir Bhutto avait été chassée vers l'exil en 1984. Deux ans plus tard, elle revenait pour prendre la tête de manifestations de masse pour le retour du pouvoir aux civils.
Après la mort de Zia dans un mystérieux accident d'avion en 1988, Benazir Bhutto donnait naissance au premier de ses trois enfants, menait son parti à la victoire aux élections et devenait la
première femme à diriger un pays musulman de l'ère moderne.
Elle fut réélue en 1993. Mais trois ans plus tard, nouveau coup dur pour le clan Bhutto: son frère cadet, Murtaza, était abattu dans une fusillade avec la police à Karachi. Le plus jeune frère,
Shahnawaz, avait quant à lui trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses en France dix ans plus tôt. Benazir Bhutto accusa le président Farooq Leghari d'être impliqué dans la mort de
Murtaza, et Leghari la chassa du pouvoir au milieu d'allégations de dysfonctionnements.
Après sa défaite face à son rival de toujours, Nawaz Sharif, en 1996, un déluge d'accusations de corruption s'abattit sur Benazir, qui quitta le pays en 1999 peu avant qu'un tribunal ne la
condamne pour corruption et lui interdise toute activité politique. Le verdict fut ensuite cassé, mais Benazir Bhutto resta en exil, entre Londres et Dubaï.
Elle affirme avoir eu des contacts épisodiques avec le président Pervez Musharraf depuis le putsch par lequel il renversa Nawaz Sharif en 1999. Mais le chef de l'Etat n'a accepté que récemment de
rétablir la démocratie. Et début octobre, il signait une loi d'amnistie levant les dernières poursuites pour corruption encore en cours contre plusieurs membres de la classe politique, dont
Benazir Bhutto.
Son retour avait été marqué par un violent attentat contre son cortège le 18 octobre dernier. L'attaque, à laquelle elle réchappa par miracle, avait fait 136 morts.
"Je sais que je suis un symbole de ce que les soi-disant 'djihadistes', talibans et Al-Qaïda craignent le plus", écrivait Benazir dans son autobiographie: "Je suis une femme, dirigeante
politique, qui lutte pour apporter la modernité, la communication, l'éducation et la technologie au Pakistan".
source : La presse canadienne
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