Implosion [Momento Mori]
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Ca tremble sous mes pieds...
Une digue vient à céder...
Ce seïsme intérieur, essayer de ne pas y penser...
retenir ses secousses, sans y parvenir...
Et ça resurgit brutalement sans prévenir.
Ca m'éblouit, m'irradit de lumière, cette vérité, cette vérité...
J'ai peur... inondé de soleil, je pleure.
Quand je pense que dans cent ans je ne serais plus...
Ca me terrorise, cette vérité si claire, elle me brûle...
Qu'un jour puisse éclore sans que je n'y prenne part,
je ne veux pas le croire.
Que le monde immuable continue de tourner,
Je ne veux l'imaginer.
Finir au fond d'une boîte ou en cendre dans la mer
Ca ne m'intéresse pas...
Que mon existence soit réduit à un éloge funèbre
Ca me désespère...
J'ai si mal, que ça me paralyse.
Je me sens vide, je m'insupporte...
Je reste là, amorphe. Ecrasée par le poids de ma faiblesse...
Il n'y a que là que j'entends les battements de mon corps
Tic tac, tic tac... Mes pulsations de vie...
Ah...je comprends, ce sont les trotteuses de ma mort.
L'horloge de ma vie, je la possède au fond de ma poitrine.
elle a lançé le compte à rebours dès le premier jour.
Monsieur l'horloger, s'il te plait ne m'éteint pas!
Ca tamborine si fort, je t'en prie ralenti...
Non j'ai perdu une seconde...puis une autre... encore...
Monsieur l'horloger, quand je serais abîmée, tu vas me jeter?
Elle est bien triste la condition humaine
réduite à une quête vaine de l'immortalité
Elle s'essouffle en pleine course, s'asphyxie de vanité
Et ça tourne autour de moi, et ça se transforme en haine...
Allons bon, debout !
Tu es trop jeune pour songer à ce genre de chose
Mes muscles se décontractent, mon esprit se libère
Ma raison reconstruira la digue. Allez il ne faut plus y penser !
J'ai des réflexes d'ivrogne, j'ai besoin de boire pour m'oublier
Je me soûle jusqu'au coma éthylique
d'idées comme « carpe diem », « on ne vit qu'une fois », si pathétique...
A force, je t'assure je finis par y croire avec sincérité
Ca y est, le seïsme est passé.
Triste humanité...